Transat AG2R: en route pour St Barth

Ils sont partis ! A 13 heures pétantes ce samedi, après un ultime briefing météo et les traditionnels adieux sur les pontons, les seize duos engagés dans la 11e édition de la Transat AG2R LA MONDIALE se sont élancés dans 20-25 nœuds de vent – sous l’effet d’un grain. Deux tandems se sont octroyés les premiers honneurs : Gildas Morvan – Charlie Dalin (Cercle Vert), auteur du meilleur départ en milieu de ligne, et Fred Duthil – François Lebourdais (Sepalumic), aux commandes à la première marque. Les deux hommes ont confirmé en bouclant en tête le petit parcours de dégagement long de six milles mouillé en baie de Concarneau. A présent, devant leurs étraves et celles de leurs concurrents : 3 890 milles pour rallier Saint-Barth.

Les duos sont entrés dans le vif du sujet, comme prévu, à 13 heures ce 21 avril, le premier départ ayant été le bon, sans aucun rappel à l’ordre. Dans un vent de nord-ouest soufflant entre 17 à 25 nœuds, les 16 Figaro Bénéteau ont régalé les spectateurs venus les applaudir à bord d’une multitude de navires à moteurs. Le départ fut en effet de toute beauté, entre éclaircies et giboulées. Et si Gildas Morvan et Charlie Dalin sur Cercle Vert ont été les plus prompts à s’élancer, c’est le tandem Fred Duthil – François Lebourdais qui a enroulé en tête la bouée de dégagement après un premier bord de près, tirant ainsi les faveurs d’une option sur le cadre, à gauche du plan d’eau. A 13h50, après un peu moins d’une heure de course, et alors que le vent se renforçait à nouveau doucement, Sepalumic contournait la dernière marque de ce petit parcours en baie long d’environ six milles avec une dizaine de longueurs d’avance sur ses poursuivants. Dans l’ordre : Nacarat (Erwan Tabarly et Eric Péron), Skipper Macif (Paul Meilhat et Fabien Delahaye), Cercle Vert (Gildas Morvan et Charlie Dalin), Bretagne Crédit Mutuel Performance (Anthony Marchand et Romain Attanasio), La Solidarité Mutualiste (Damien Guillou et Ronan Treussart) puis Artemis (Sam Goodchild et Nick Cherry)…

De maniable à viril

Dès lors, Cercle Vert, 2e du prologue AG2R LA MONDIALE le week-end dernier, et EDM Pays Basque Entreprises (Amiaur Alfaro et Christophe Lebas) voyaient l’occasion de se démarquer en se décalant légèrement sous le vent de la flotte. Une flotte bénéficiant toujours d’une vingtaine de nœuds rendant la progression relativement facile au travers et permettant aux marins de rentrer doucement dans leur course et de prendre leur rythme avant les conditions musclées attendues demain en fin de journée. « Les prévisions pour les premières 24 heures de course seront relativement tranquilles mais la situation va commencer à changer à partir de demain, dimanche. En effet, à l’approche d’une perturbation assez active, le vent va commencer à se renforcer et surtout, il va tourner au secteur sud-ouest. Cela va donc refuser et les navigateurs devront tirer un bord pour ne pas faire face à ce vent de sud-ouest » détaille Cyrille Duchesne de Météo Consult. Les duos vont donc perdre un petit peu de terrain sur la route directe pour contrer ce flux qui va se renforcer au cours de la nuit de dimanche à lundi pour atteindre jusqu’à 35-40 nœuds. Un passage un peu délicat. « Tonique » selon certains et même carrément « viril » selon d’autres. A suivre…

Ils ont dit :
Simon Troël (Les Recycleurs Bretons) : « Le soleil de Saint Barth se mérite ! »

« Je me suis réveillé un peu tendu ce matin parce que je ne connais pas ce que je vais vivre : c’est ma première transat. Reste que je suis prêt à y aller. La météo est un peu rude mais cela fait partie du jeu ! Ca se mérite le soleil de Saint-Barth ! Au cap Finisterre il y aura vraiment du vent, j’ai un peu peur de ne pas être à la hauteur, d’avoir un peu le mal de mer même si, normalement ça ne m’arrive pas. Je ne sais pas comment je vais réagir. Je verrai demain ou lundi. D’ici là, se sera un peu tout droit mais ensuite il faudra bien être dessus, analyser correctement les fichiers pour placer au mieux le premier virement de bord au large du cap Finisterre. Ce sera une première option lourde de conséquences. »

Amaiur Alfaro (EDM Pays Basque Entreprises) : « Hâte de partir et d’en baver »
« On a très envie d’y aller. On attend ce moment depuis pas mal de temps. Cela fait deux jours déjà que je fais des quarts de nuit pour me préparer pour les vingt jours qui viennent. J’ai aussi hâte d’en baver un peu et ça tombe bien, c’est visiblement au programme de cette fin de week-end puisque la météo sera musclée. On va faire tout ce qu’il faut pour aller le plus vite possible et au bon endroit. Il y a des options à venir, on va voir comment ça va évoluer. Quoi qu’il en soit, avec Christophe (Lebas), on est présent et extrêmement motivé ! »

Christopher Pratt (Gedimat) : « Les départs, ce n’est jamais facile »
« Les départs, ce n’est jamais facile. Moi, j’ai la chance, entre guillemets, de ne pas avoir ma femme et mes filles présentes à Concarneau car c’est toujours difficile de se quitter sur les pontons. Les au-revoirs ont été faits à Marseille, maintenant je suis dans ma course et je préfère fonctionner comme ça. Elle aussi d’ailleurs. Cela élimine une partie de l’aspect émotionnel et du coup on est plus concentré sur la course. »

Gérald Veniard (Banque Populaire) : « Une petite montée d’adrénaline »
« L’envie de voir la côte s’éloigner est forte. Nous avons hâte d’être tous les deux, avec Jeanne, sur le bateau et de faire notre boulot. Dans l’immédiat, après le petit parcours en baie de Concarneau, il faudra sortir des Glénan sans encombre, trouver le bon passage et être dans le bon wagon. Ensuite, ce sera du large, ce ne sera plus la même course. En fait, il y aura un petit sprint au départ et une petite montée d’adrénaline mais j’ai hâte que tout ça soit derrière. »

Nick Cherry – Artemis : « Du gâteau au chocolat »
« Je suis vraiment pressé et excité d’y aller. Nous allons avoir trois journées difficiles mais après ce passage, la course pourra vraiment débuter. Ma mère est descendue d’Angleterre avec du gâteau au chocolat, alors tout va bien. Avec Sam, nous avons bien préparé le bateau, il ne nous reste plus qu’à prendre un bon départ. »

Romain Attanasio – Bretagne Crédit Mutuel Performance : «  Pas encore acclimatés »
« La tension monte mais avec le grain qui vient de passer, l’ambiance est vraiment différente. En revanche, c’est plus sympa de débuter avec des conditions soutenues mais maniables que de se faire cueillir d’entrée de jeu par une grosse dépression alors que nous ne sommes pas encore acclimatés. »

Ronan Treussart – La Solidarité Mutualiste : « Naviguer en bon marin »
« Il va falloir être vigilent, ne rien casser sur le bateau car la course ne s’arrête pas au Cap Finisterre, il y a encore beaucoup de milles derrière. Il faut naviguer en bon marin en ayant de bonnes options mais en préservant le matériel ».

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Crédit Photo: © Alexis Courcoux

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