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Le Spi Ouest-France a 30 ans

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Créé en 1979 par Roger Lavialle, Gilles Le Baud et des passionnés de course-croisière, le Spi Ouest France-Bouygues Telecom est devenu au fil des ans la plus grande classique de printemps. Organisé lors du grand week-end Pascal du 20 au 24 mars 2008, par le Journal Ouest-France et la Société Nautique de La Trinité-Sur-Mer (SNT), le « Spi » fête cette année sa 30 ème édition. La plus importante épreuve de voiliers habitables en Europe mêle amateurs et professionnels, monotypes et voiliers de série jaugés en IRC. Et son succès ne se dément pas, puisque chaque année, 500 bateaux convergent vers la baie de Quiberon. Abécédaire en guise d’anniversaire.

A comme Anniversaire. Le « spi » fête donc ses 30 bougies ! De nombreuses surprises et cadeaux attendent les 3 500 régatiers à La Trinité, les partenaires ayant décidé de choyer chacun des concurrents !

B comme Bourse des équipiers. Skipper cherche équipier ! Régleur confirmé cinq participations au Spi, cherche embarquement ! Il y a ceux qui rêvent de courir pour le Spi, et d’autres à la recherche d’un équipier d’avant ou d’une paire de bras supplémentaires. La bourse des équipiers est sur www.spi-ouestfrance.com/Bourse.htm

C comme Cagnards. Ils sont obligatoires et permettent aux bateaux pointeurs stationnés aux bouées de donner le classement en cours de manche et à l’arrivée. Les cagnards sont des panneaux de toile où figure le numéro d’inscription du bateau. Ils doivent impérativement être fixés à l’aide de garcettes sur les filières de part et d’autre du cockpit. Ils sont remis à chaque skipper lors de la chaîne d’inscription, et sont rendus à l’issue du Spi Ouest France Bouygues Telecom.

D comme Drogués… de la régate en général et du Spi en particulier ! Ils sont patrons de voilerie, directeurs de chantier, responsables de bureau d’étude, ou encore dessinateurs de voiles, et depuis des lustres, passent leur week-end de Pâques en baie de Quiberon pour « raisons professionnelles » certes, mais d’abord par passion. Ils ont pour nom Didier Le Moal (J Boats Europe) à la barre d’un J 122, Jean-Yves Jaffrezic (X Voiles) à la barre d’un X 34, Cyrile Leglohaec (Archambault) sur un A 40, Sylvain Pélissier (All Purpose) sur un J 80… Enfin, ils ont pour habitude de truster les podiums.

E comme Escoffier. Quand il ne régate pas, il est marin-pêcheur à Saint-Malo. Double vainqueur de la Route du Rhum et de la Transat Jacques Vabre en multicoque 50 pieds, il reste un redoutable régatier entre les bouées. Cette année, Franck-Yves sera à la barre d’un A 35 du chantier Archambault, qui lors de ses deux premières apparitions au Spi Ouest France, s’est imposé avec brio, trustant même les deux premières places en IRC 2 en 2006 et 2007.

F comme First 7,5. À l’image de ce qui existe déjà dans les autres pays européens (Italie, Espagne, Autriche, Allemagne…) le Spi Ouest France 2008 est l’occasion du lancement de la manche française de la BMW Sailing Cup, disputée sur douze monotypes First Class 7.5. L’équipage vainqueur à La Trinité, disputera ensuite la finale mondiale à Dubaï au printemps.

G comme Gery Trentesaux. Après une fantastique saison 2007 à la barre du First 44.7, et notamment une victoire au Spi Ouest France en IRC 1 puis dans la course du Fastnet, l’équipage emmené par le Nordiste Gery Trentesaux, habitué des courses du RORC, s’est vu confier par Bénéteau, le tout nouveau et superbe First 45. Le plan Briand, dévoilé au Salon de Paris, sera l’un des favoris dans la classe des grands bateaux.

H comme Huîtres. C’est une tradition du Spi Ouest France Bouygues Telecom depuis sa création. Le skipper vainqueur (ou bien souvent le gaillard le plus lourd du bord…) dans chacune des séries, reçoit son poids en bourriches d’huîtres de la baie et en cartons de Muscadet. La pesée sur le village de la course vaut le déplacement !

I comme IRC. Cette jauge franco-anglaise permet de faire naviguer ensemble des bateaux de série, en leur attribuant un coefficient selon les caractéristiques (longueur de coque, déplacement, surface de voilure), l’âge et l’équipement. Tout l’art, des architectes et chantiers est d’obtenir auprès de l’UNCL (Union Nationale pour la Course au Large) un certificat de jauge optimisé et donc un bon rating (handicap). Les IRC 1 sont les plus grands bateaux et les IRC 5 les plus petits.

J comme Jimmy. A bord d’un Bénéteau First 34.7, il a manqué d’un rien sa onzième victoire dans le Spi Ouest France Bouygues Telecom 2007. Mais Jimmy Pahun fera tout pour s’octroyer ce onzième titre – record absolu ! – à l’occasion de cette 30 ème édition. Accompagné de son fidèle noyau dur d’équipiers, le skipper de Port-Louis sera à la barre du nouveau voilier de course-croisière danois X 41.

K comme Kevlar. Si il y a 30 ans, les concurrents du 1er Spi n’avaient d’autre choix que des voiles en Dacron blanches immaculées, très rapidement, le Kevlar (un matériau aramide de couleur jaune moutarde) a fait son apparition dans les jeux de voile des bateaux de course. Plus léger que le Dacron, le Kevlar était surtout réputé pour sa résistance et sa tenue. Bien que plus raides et sensibles aux UV, les voiles Kevlar gardaient plus longtemps leur forme initiale. Aujourd’hui, les voileries proposent des matériaux et des procédés de coupe et d’assemblage de haute technologie, que ce soit le D4 ou le 3DL. Le Kevlar reste en vogue, en ce qui concerne notamment les fils structurels des grand-voiles et génois, mais est associé à d’autres fibres et taffetas telles que le Spectra, le carbone, la cuben fiber ou encore le Mylar.

L comme Le programme sur l’eau. Le jeudi 20 mars 2008 est consacré aux inscriptions et aux contrôles, les vendredi 21, samedi 22, dimanche 23 et lundi 24 mars aux régates – 1 à 2 manches par jour. Et comme le coefficient de marée prévu est fort – 95 le samedi ! – mieux vaudra composer avec le courant, d’autant si le vent est faible à modéré en baie de Quiberon.

M comme Monotypes. Il y a eu d’abord le J 24, qui dans les années 80, était de loin le monotype le plus représenté à La Trinité. Puis est arrivé le First Class 8, qui durant presque deux décennies, a systématiquement pulvérisé le nombre d’engagés – avec jusqu’à 80 bateaux sur une même ligne de départ. Puis dans les années 2000, le
J 80 a pris le relais. Il convient de ne pas oublier non plus le fameux Surprise, et tous les bateaux du Tour de France à la Voile – le Rush Régate, le Sélection, le JOD 35 et aujourd’hui encore le Mumm 30 et le Grand Surprise – adeptes du Spi.

N comme Nicolas Groleau. Il construit depuis sa création les fameux Open 7,50, ces luges de carbone qui ressemblent à de petits 60 pieds IMOCA, planent dès 10 nœuds de vent, et attirent le gotha des skippers de multicoques. Mais Nicolas Groleau est aussi un redoutable barreur, qui sur Atchoum, s’impose régulièrement au Spi, au nez et à la barbe des Cammas, Guillemot, Peyron, Bidegorry ou autres champions ! Cette année, il laisse les coureurs d’océan s’expliquer entre eux pour prendre la barre de son dernier, le Mach 45 au nom prédestiné : Cartouche.

O comme Oldies but Goldies. Le Spi Ouest France n’est pas uniquement la régate de début de saison et le premier vrai test des derniers nés de la course-croisière qui courent en IRC. C’est aussi depuis sa création, la course fétiche de très nombreux voiliers – ex IOR ou CHS aujourd’hui jaugés IRC – qui malgré leur âge, sont toujours admirablement entretenus et menés. A découvrir ou à redécouvrir les Super Challenger, Super Arlequin, half-tonners, First Evolution, Requin, Rush Royale, Aquila Régate, Mistral 31…

P comme Partenaires. Aigle, Conseil Général du Morbihan, Thalasso Carnac, Nicolas Feuillate, Eurest, Bénéteau, Voiles et Voiliers, Jeanneau, Port de la Trinité-Sur-Mer, Roger & Gallet, Biscuiterie de la pointe du Raz, Pacific, Heineken Entreprise SA, France Bleu Armorique et France Bleu Breiz Izel, Britanny Ferries, Marine Nationale sont les fidèles partenaires de cette 30 ème édition réunis autour de Ouest France, Bouygues Telecom et la Société Nautique de la Trinité. Quatre nouveaux rejoignent le Club : Starbay, BMW, La Poste et Nexity Eprim Ouest.

Q comme Quiberon. La célèbre presqu’île protège la baie éponyme des vents dominants d’ouest et de la houle associée, et délimite tout comme les îles d’Hoeidic et Houat, le terrain de jeu du Spi Ouest France. Trois ronds (le A près de la Trinité et Carnac), le B (près de Saint-Pierre Quiberon) et le C (près des îles) y sont mouillés, afin de lancer simultanément des parcours pour les 500 voiliers répartis selon les catégories.

R comme Refus. Au près, lorsque les bateaux tirent des bords jusqu’à la bouée au vent, « avoir du refus » signifie que le vent change de direction défavorablement. Le vent refuse quand il passe davantage dans l’axe de l’étrave. Au contraire, lorsqu’il s’en écarte, le vent adonne. Et à bord d’un des 500 bateaux du Spi, voici un extrait de ce que l’on a l’habitude d’entendre entre le barreur, le tacticien et les régleurs. « Ado à venir… On reste encore un peu dans le refus… Gros refus à droite mais plus de pression… Ça continue d’adonner, rappel max… On rentre dans le refus avant d’envoyer jusqu’en layline. »

S comme Sun Fast 3200. Le nouveau monotype Jeanneau, dessiné par Daniel Andrieu, et spécialement créé pour la Transquadra Solo – la Transat pour les plus de 40 ans – fera son apparition au Spi. Parmi les régatiers qui ont choisi de s’aligner sur ce nouveau coursier très attendu, on surveillera Laurent Sambron, ancien de l’équipe de France de 470, et qui n’a pas manqué une édition du Spi depuis plus d’une décennie, et aussi Hervé Piveteau, du bureau d’études Jeanneau, et qui a remporté en série la dernière Transat 6,50 (voir aussi notre article).

T comme Troublé. Lui aussi est un adepte de l’épreuve trinitaine qu’il qualifie comme « son championnat du monde annuel ». L’ancien skipper de France 3, sélectionné olympique, vainqueur de la Quarter Ton Cup, et grand organisateur de la Louis Vuitton Cup, reste un fin barreur et un régatier affûté. Cette année, avec ses « vieux » copains, il arme un First 34.7, plan Farr exigent mais brillant… et qui bien sûr porte toujours le nom de Coyote, comme tous les bateaux de cet équipage de complices. Vainqueurs en One Tonner, Sun Fast 36 et Mumm 30, Bruno Troublé et sa bande ne seront pas là pour faire de la figuration. Ils ont remporté le Challenge d’automne 2007, et sont en tête du Challenge de printemps 2008 !

U comme Unique. Pour celles et ceux qui restent à terre, et à condition de se lever assez tôt, il ne faut surtout pas manquer la sortie des 500 bateaux (généralement autour de 8 heures 30) et l’étonnante procession de la flotte dans le chenal de La Trinité, entre les parcs à huîtres. En prenant le chemin des douaniers qui part de la SNT et longe le chenal, le point de vue et la balade sont tout simplement exceptionnels. Et si l’on a raté la sortie, on pourra toujours se rattraper en découvrant les voiliers rentrer sous spi au retour de régate.

V comme VDH. Il est le détenteur du tour du monde à l’envers en solitaire et en monocoque, contre les vents dominants, et a fini deux fois sur le podium du Vendée Globe en 1990 et 1993. Mais Jean-Luc Van Den Heede surnommé VDH, aime le Spi et les courses en équipage. Non seulement, le « grand barbu » régatera à nouveau cette année, mais à l’issue des manches de samedi, animera la grande soirée anniversaire des équipages – une paella géante – avec son groupe de rock « Globalement Vôtre » ! Ambiance garantie ! (voir notre portrait de VDH).
W comme www.spi-ouestfrance.com, le site de la course, permettant de suivre les régates en temps réel, et de tout savoir sur l’événement, avant, pendant et après. À mettre immédiatement dans ses favoris.

X comme X 34. Le célèbre chantier danois qui produit de magnifiques unités de course-croisière, fait systématiquement régater ses dernières productions au Spi Ouest France-Bouygues Telecom. Et chaque année, un équipage d’experts vient spécialement à La Trinité sur un bateau « usine ». Autour de Dan Pederse, le skipper en titre, l’équipage comptera un Français, Antoine Sézérat, le nouveau directeur général de X Yacht France.

Y comme pavillon Y. Lorsque le comité de course hisse ce pavillon rouge et jaune rayé, avant le signal d’avertissement (donc juste avant la procédure de départ), tous les équipages doivent alors porter des gilets de sauvetage ou tout autre système de flottabilité personnelle. S’ils ne le font pas, le bateau peut être tout simplement disqualifié. Le président du comité de course décide d’envoyer le Y lorsque la brise – généralement à partir de 20 nœuds de vent réels (force 5) – souffle, et ce pour des raisons de sécurité.

Z comme… Za tout bientôt sur les pontons !

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Photo: © Ollivier Marc-Ouest France

– CP –

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