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A bord d’Atlantic pour une première historique

La goélette Atlantic a participé à sa première régate méditerranéenne lors des 32èmes Régates Royales de Cannes. Reconstruite par Ed Kastelein, à qui l’on doit la restauration de Thendara ainsi que le lancement d’Eleonora, ses sorties ont constitué l’une des grandes attractions des Royales. A son bord, l’ambiance studieuse était chargée d’émotion. Après avoir établi les 3 Grand Voiles, les 2 focs et la trinquette, la grande goélette a atteint régulièrement les 9 nœuds au reaching, avec moins de 15 nœuds de vent. Les voiles à poste, nous avons alors tiré de longs bords dans la baie cannoise, appréciant ainsi pleinement le plaisir de naviguer sur ce voilier mythique, détenteur du record de la traversée de l’Atlantique durant 70 ans. Cela nous a également permis de souffler un peu, éprouvés par les longues minutes passées à hisser puis à lover toutes les drisses. Le départ de la régate approchant, et le pont de nouveau dégagé, nous avons enchainé les virements afin de nous coordonner lors de cette phase délicate. Dans la faible brise de ce vendredi 25 septembre, la longue goélette peine à franchir le lit du vent. Pour l’aider, nous gardons à contre le second foc, le plus avant  afin d’augmenter le bras de levier. Atlantic, avec ses 69,24 mètres hors tout et ses 330 tonnes parvient ainsi à virer sans perdre trop de vitesse.

Premiers bords en régate.

La procédure de départ débute enfin. Nous restons un peu éloignés des autres concurrents car nous accusons un déficit de vitesse et de manœuvrabilité. Cependant, lancés vers la bouée de départ, nous assistons au magnifique spectacle de la bagarre entre Mariska, Tuiga, Cambria et Moonbeam of Fife. Nous naviguons derrière eux vers la 1ère bouée, et croisons régulièrement Sunshine, également handicapé par le manque de vent. Malheureusement après 2 heures de course, la brise s’essouffle totalement. Les dernières bouées étant impossible à rejoindre, nous en profitons pour hisser un grand foc léger et de tester les 3 voiles de flèche. Nous nous retrouvons alors avec 3 GV et leurs flèches, 1 trinquette et 1 foc léger. Mais le vent ne nous permet pas d’apprécier les capacités véliques d’Atlantic que son élancement et son imposante voilure laisse supposer. Cependant, cela a permis à l’équipage d’Ed Kastelein comme lors de toutes leurs sorties d’effectuer de nouveaux essais afin de progresser dans l’exploitation du potentiel de la grande goélette. Mise à l’eau en 2008, et mâtée seulement l’an passé [voir notre article], on peut sentir que celle-ci a encore beaucoup de secrets à livrer.

Reconstruction minutieuse.

« C’était un rêve de reconstruire Atlantic, a expliqué Ed Kastelein à NauticNews.com. Par rapport à Eleonora, je pensais avoir besoin de 50% de temps en plus. Mais il nous en a fallu 200% car il y a eu beaucoup de recherches à faire et de solutions à trouver. » Que ce soit pour la motorisation, ou la mâture, la construction à l’identique de la mythique goélette a été longue et fastidieuse. Débuté aux Pays-Bas en 2006, le chantier s’est achevé à La Rochelle cet été avec la réception de la voilure. Encore un peu limitée, celle-ci sera complétée en début de saison prochaine par des voiles adaptées au petit temps. Réplique de la détentrice du record de la traversée de l’Atlantique pendant 70 ans, la longue goélette noire espère bientôt pouvoir être en mesure de rivaliser avec les autres goélettes du circuit classique. A l’intérieur, le travail de recherche a également été très poussé. Respectant les plans d’origine et les photos d’archive, Ed Kastelein a adapté les aménagements pour une exploitation en charter. Les 6 cabines doubles sont chaleureuses et confortables, avec des mélanges d’essence de bois tandis que le très grand carré, au centre du bateau est des plus réussis. Il est composé d’une grande table sur tribord, tandis qu’à bâbord un coin détente très cosy permet de lire ou de boire le café dans un véritable salon. Le mobilier est de qualité, tandis que la luminosité est assurée efficacement par les grandes clairevoies, bien servies par un plafond et des cloisons laqués de blanc. Vers l’avant se trouve une grande cuisine répartie sur les 2 bords puis le coin des équipages avec 4 cabines et un carré. Tandis que vers l’arrière du salon, on accède à un carré protégé par le rouf central.

Poursuivre l’Histoire.

Lors des Régates Royales, comme lors de toutes ses sorties, les passagers ont manifesté leur plaisir et leur fierté de naviguer à bord de cette nouvelle Atlantic. Le plan de pont est particulièrement réussi avec ses 36 winchs en bronze, dans le style de l’époque, et ses clairevoies peu proéminentes. Ainsi est conservé l’étonnant élancement du voilier, dont le maître bau n’est que de 8,85 mètres (28,8 pieds) pour une longueur de coque de 56,43 mètres (185 pieds). Rien n’entrave les déplacements, ni la vision, ce qui renforce l’incroyable sensation de longueur de la goélette. A quai, ce sentiment est encore plus impressionnant, lorsque comme chaque soir, l’équipage range et love les quelques 3 km de bouts. Après Cannes, la goélette participe aux Voiles de Saint-Tropez puis entame son premier hivernage méditerranéen. Au printemps, on devrait revoir sa longue et majestueuse silhouette lors du Bailli de Suffren. Ed Kastelein et son équipage auront à cœur de pousser Atlantic durant cette régate au long cours, plus d’un siècle après que Charlie Barr ait établi le record du plus grand nombre de milles en 24 heures (341 milles le 24 mai 1905, ndlr).

Fiche technique de la goélette Atlantic sur NauticNews.com

Tags : Goélette AtlanticRégates RoyalesRégates Classiques

Crédit Photos : Patricia Lascabannes

-NG-

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2 Commentaires

  1. kergal x 23 octobre 2010 à 10 h 23 min

    J’ai eu le privilège de naviguer sur cette merveille, je trouve fantastique que des hommes puissent faire revivre des voiliers aussi harmonieux.
    bravo à Ed Kastelein.

  2. laurent boulanger 17 janvier 2013 à 12 h 20 min

    je suis tomber amoureux de cette oiseaux il y a pres de 15 ans quand sur une revue il y parler de bateaux exeption… depuis je suis tres heureux que cette replique puisse nous faire surtous me faire reve de nouveaux a ce genre de batiment quelle domage que ces batiment du style class J on disparu de nos bassins de navigation

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