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Transat Jacques Vabre 2017 : ils respirent enfin!

Ils revivent les marins… Après six jours sous l’eau, dans une humidité permanente, à se relayer à la barre, « à vivre comme des animaux » comme racontait ce matin Servane Escoffier (Bureau Vallée 2) à la vacation, les duos de la 13e Transat Jacques Vabre sèchent, retirent les couches de vêtements, mangent normalement sur une mer presque plate et un soleil qui réchauffe. La mauvaise nouvelle du jour demeure l’abandon du Class40 Carac qui avait fait relâche la nuit dernière à Madère pour une sérieuse blessure au genou de son skipper Louis Duc. Côté course, les heures d’arrivées s’affinent. Dernière ligne droite rapide pour Sodebo Ultim’ et Maxi Edmond de Rothschild qui n’ont fait qu’une bouchée du Pot au noir et naviguent à 30 nœuds dans les alizés de l’hémisphère sud…

Estimation des premières arrivées (heure française)
Ultimes : lundi 13 novembre fin d’après-midi
Multi50 : jeudi 16 novembre
Imoca : vendredi 17 novembre

3e abandon (après Campagne de France Class40 et Drekan Groupe Multi50)

Le Class40 Carac (Louis Duc et Alexis Loison) a signifié son abandon à la Direction de course ce début d’après-midi. Arrivé à Funchal (Madère) la nuit dernière pour cause de sérieuse blessure au genou de Louis, l’équipage a été contraint de se retirer de la Transat Jacques Vabre. Louis Duc : « C’est une énorme déception, on avait beaucoup travaillé pour être prêts pour cette transat et mis beaucoup d’espoirs dans cette première grande course, mais cela va nous servir d’expérience pour mieux revenir. Il faudra notamment peut-être penser à ajouter des protections dans le bateau. Je tiens à remercier Alexis qui a du faire face et qui l’a très bien fait. »

Arrêts au stand

Enel Green Power (Class40) : les Italiens Andrea Fantini et Alberto Bona sont arrivés à 3h du matin à Cascais (Lisbonne) pour réparer leur safran tribord et un trou à l’arrière de la coque

Ciela Village (Multi50) : demain matin, Thierry Bouchard et Oliver Krauss feront escale dans le port de Mindelo au Cap Vert pour de multiples problèmes techniques : plus d’aériens, plus de pilote automatique, fauteuil de barre bâbord arraché et fissure de coque au niveau du point d’amure de gennaker.

Point météo : conditions clémentes sur l’Atlantique

Ultimes : Sodebo Ultim’ et Maxi Edmond de Rothschid sont sortis du Pot au noir et n’ont jamais été arrêtés, juste un peu ralentis à 6 nœuds pendant 3 heures. Les voilà désormais dans les alizés de l’hémisphère sud poussés par un vent de sud-est pour 12-15 nœuds qui devrait forcir pour 15-20 nœuds jusqu’à l’arrivée prévue lundi. Ça va foncer !

Multi50 et Imoca : les premiers Multi50 commencent à sortir de la zone perturbée au nord-ouest du Cap Vert et pourraient passer le Pot au noir dans une trentaine d’heures. La ZCIT (zone de convergence intertropicale) semble peu active pour encore 72h. Les Imoca à l’est de la dépression orageuse ralentissent mais conservent de belles moyennes.

Class40 : la zone de vents faibles se décale vers l’ouest et va donc ouvrir la porte à un alizé stable. Les conditions s’améliorent nettement, surtout l’état de la mer. Ca va glisser tout schuss jusqu’au Pot au noir.

Bagarres à tous les étages

Ultimes : Sodebo Ultim’ devance de 10 milles Maxi Edmond de Rothschild. Incroyable match à 48h (1 000 milles) de l’arrivée.

« 50 milles en Multi50, ce n’est rien, cela ne nous inquiète pas plus que ça » confiait Lalou Roucayrol sur Arkema à la vacation de midi. La bagarre fait rage avec FenêtréA – Mix Buffet en tête avec 9à milles d’avance.

Imoca : St Michel-Virbac devance de 49 milles SMA qui tient superbement la cadence. Gare à des Voiles et Vous ! décalé dans l’est qui semble avoir un peu plus de pression. Generali et Malizia II sont au coude à coude, tandis que 100 milles derrière, La Fabrique, Vivo A Beira, La Mie Câline – Artipôle et Newrest-Brioche Pasquier s’offrent une magnifique régate à quatre !

Class40 : Imery Clean Energy impose sa cadence à V and B seulement 11 milles derrière. Bataille de chiffonniers entre TeamWork et Aïna Enfance et Avenir… Plus loin, dans l’ouest de Madère, Gras Savoye Berger Simon Obportus, Eärendil et Gustave Roussy ne se lâchent pas d’une semelle.

Ils ont dit
Servane Escoffier, co-skipper de Bureau Vallée 2 (Imoca)

« Jusqu’à hier, on a vécu comme des animaux pour garder la cadence. On a quelques petits soucis et j’ai monté Louis dans le mât. On n’a plus de génératrice, du coup on ne peut plus charger les batteries via le moteur, on ne peut que charger que via les hydro générateurs mais ça nous énerve un peu car quand tu mets les hydro tu pers de la vitesse, mais là ça glisse bien ! On est à fond dessus, ça glisse, on pense être mardi matin dans le Pot au noir mais les fichiers changent beaucoup. Il va falloir être studieux, c’est une course de vitesse qui commence. »

Yannick Bestaven, co-skipper de Bastide Otio (Imoca)

« Ça va bien, on retrouve des conditions plutôt clémentes, il fait beau, on glisse sous spi, on fait sécher le linge. Oui, on a forcément quelques soucis techniques. On a eu une grosse fuite de ballasts qui a inondée le bateau, du coup ça a noyé le compartiment moteur. On a aussi eu un peu le feu à bord, mais nous avons pu éteindre l’incendie. Bref, ça s’est géré ! Heureusement que les hydro générateurs tournent sinon on n’aurait plus d’énergie à bord. Nous sommes partis dans l’est, ça s’est fait un peu naturellement, on ne voulait pas suivre les foilers. On a préféré se décaler à l’est pour aller chercher plus de pression »

Tom Laperche, skipper de Le lion d’Or (Class40)

« Ça va bien et ça va vite depuis 4 heures. On a 25 nœuds de vent et ça va assez vite. Nous sommes contents de ce qu’on fait, on est heureux, même si nous n’avons plus de mail donc pas de position et un problème de communication via le fleet. Christophe et moi sommes en forme ! On a réussi à dormir car en ce moment, c’est tout droit sous pilote. Le bateau va bien, structurellement tout va bien. Nous n’avons pas encore toutes les clés en main pour être rapide, ce n’est pas facile quand tout est neuf ! On découvre encore… »

Cédric Château, Région Normandie Junior Senior by Evernex

« On s’est remis en mode course après un début de course difficile avec des petits pépins à répétition. Nous avons fait des options radicales sans avoir étudié le terrain. Maintenant, ça va mieux, on souffre tout de même d’une position un peu est. On aimerait se remettre dans la mêlée avec les petits camarades devant nous. On bricole tous les jours. Là, c’est la pompe de cale en même temps que l’alternateur. On arrive à rester rapide et à avoir une réflexion sur notre trajectoire.

Vincent Barnaud, co-skipper de Reauté Chocolat (Multi50)

« Ça se passe pas mal, on a du soleil, un peu de vent, ça glisse bien. On est à l’attaque sous grand-voile haute et code 0. Notre vitesse varie entre 10 et 12 nœuds, le vent est très variable. On a 7-8 nœuds de vent avec une petite houle de derrière qui nous permet de partir en surf. On a complètement changé de registre depuis hier, on est passé d’un mode un dur, à un mode tout en finesse. Pour les prochaines 24 heures, on commence à affiner la porte d’entrée du Pot au noir, on surveille aussi la dépression orageuse au niveau de l’Afrique et du Cap vert, on va y passer la journée. »

Thierry Bouchard, skipper de Ciela village (Multi50)

« On a des soucis : depuis le 2e jour nous n’avons plus de pilote. On comptait pouvoir réinitialiser toute la centrale dans la molle et ça ne fonctionne pas. Nous n’avons plus de capteur de mât, on va essayer de finir dans de bonnes conditions, on a décidé de s’arrêter à Mindelo. On a également un problème de bout-dehors, au niveau du point d’amure, il faut que structurellement le bateau puisse continuer. On a tout fait pour être au départ, je ne regrette rien, on est contents d’être là. C’est sûr que les bateaux de tête sont éprouvés, les skippers connaissent leur bateau. »

Crédit Photo : TeamWork40

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