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Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2018 : Le paradoxe des parallèles

Trois zones de course sur cette onzième Route du Rhum-Destination Guadeloupe : une bande entre les Açores et le golfe de Gascogne où sévit un troisième coup de vent ; un ruban entre Açores et Madère avec une mer encore forte et une brise médium de secteur Ouest ; une tranche alizéenne que tous les solitaires cherchent à atteindre dans le sillage des deux trimarans leaders…

La course est donc découpée en trois secteurs selon la latitude : entre la pointe bretonne et la ligne Lisbonne-Açores, une douzaine de solitaires encaisse les coups de butoir d’une mer qui commence à être franchement mauvaise et surtout désordonnée en raison de cette succession de bascules de vent. À chaque rotation, un nouveau train de vagues se forme qui percute le précédent, provoquant un vaste capharnaüm et depuis lundi matin, ce ne sont pas moins de six ondes qui interfèrent entre elles, sans compter l’effet de résonnance de ces vagues sur les reliefs ibères et le plateau continental ! Les deux Multi50 de Thibaut Vauchel-Camus (chariots de grand-voile arrachés) et d’Erwan Le Roux (pilotes hors service) doivent le constater, eux qui font route vers Sao Miguel pour réparer…

Alors on ne peut que saluer la persévérance de ces marins qui, trempés jusqu’aux os, aux repos éphémères et aux repas aléatoires, résistent face aux humeurs des dieux marins. Car compter 500 milles de progression vers le but après cinq jours de mer tout en se faisant secouer comme un prunier en automne, n’apporte pas souvent la sérénité. Heureusement, un vasistas s’ouvre dès dimanche matin pour grappiller les milles vers le Sud, vers un soleil plus chaleureux et une ambiance moins humide.

Ondes et soubresauts

Du côté du Portugal, la situation est un peu moins râpeuse : certes, l’océan est encore victime de soubresauts dissonants mais au moins la brise s’avère plus maniable. Les ridicules focs de tempête fluo ont laissé place à des toiles plus conséquentes. Le navigateur arrive cette fois à faire chauffer un bol de soupe, à changer de polaire, à ranger les fonds noyés d’embruns et de bric-à-brac emporté par un violent choc aussi soudain qu’imprévu.

Les deux petits trimarans jaunes, sisterships du premier vainqueur de la transat en solitaire de Saint-Malo à Pointe-à-Pitre, voient ainsi le bout du tunnel : François Corre et Loïck Peyron ne sont pas loin de naviguer de conserve au large de Lisbonne, après pourtant un choix de route radicalement différent ! Et les derniers IMOCA d’Erik Nigon et d’Ari Huusela ainsi que les Class40 de Miranda Merron, Olivier Cardin, Arnt Bruhns ou Mikael Ryking ont encore environ 150 milles à courir dans le Sud avant de souffler un peu.

Car les conditions automnales s’améliorent au fil des méridiens : le cap Saint-Vincent paré, les hautes pressions prennent le pas au point même d’étendre un haricot de calmes entre Madère et Gibraltar ! C’est d’ailleurs toute la problématique des solitaires au Sud des Açores : le Multi50 de Gilles Lamiré, et les IMOCA d’Alan Roura, Damien Seguin, Stéphane Le Diraison et Arnaud Boissières vont devoir composer sur une mer encore chaotique avec une brise de plus en plus évanescente !

Éclaircies et soulagement

Un coin de ciel laisse entrevoir une tâche bleutée… Sur ce tropique du Cancer, les alizés prennent le relais. D’abord poussifs avec un flux de secteur Nord, prenant du coffre en basculant au Nord-Est, puis s’orientant lentement à l’Est en forcissant. Toute la difficulté de cette deuxième moitié du parcours : François Gabart et Francis Joyon en ont conscience, eux qui cherchent à glisser le plus directement possible vers la Guadeloupe. Un challenge dans cette brise irrégulière où des nuages insignifiants se mutent en grains violents. Surtout lorsqu’on sait que les Antilles sont actuellement noyées sous des trombes d’eau !

Pour les monocoques IMOCA, il y a du match, une bataille à trois puisque Alex Thomson glisse devant Paul Meilhat et Vincent Riou au large des Canaries. À 2 300 milles de Pointe-à-Pitre, le chassé-croisé risque fort de perdurer encore une petite semaine… Quant à Armel Tripon, lui aussi dans les parages, sa domination dans la classe Multi50 ne fait que s’accroître : son plus pressant concurrent, Lalou Roucayrol, est à plus de 400 milles de son tableau arrière quand Thibaut Vauchel-Camus et Erwan Le Roux filent en escale technique sur les Açores… Et Yoann Richomme creuse inexorablement son avance en bordurant l’anticyclone : d’ici ce week-end, le skipper du premier Class40 baignera dans les alizés. Enfin, il faudra attendre dimanche pour que les solitaires réfugiés dans les ports bretons et hispaniques reprennent la course.

Le Point par catégorie
ULTIME – Encore du suspens

10% : c’est peu ou prou la marge dont dispose François Gabart sur Francis Joyon à l’entame de ce cinquième jour de course, au regard des 1300 milles qu’il reste à parcourir. En tête depuis les premières heures du 5 novembre, MACIF compte 140 milles d’avance sur IDEC Sport. Un delta confortable mais pas suffisant pour se sentir à l’abri.

140 milles, c’est beaucoup et à la fois très peu sur ces trimarans géants. C’est 5 heures de navigation à 30 nœuds. Or, sur ces bateaux où chaque intervention de l’homme est une épreuve de force, le moindre petit souci technique peut virer à la punition en termes d’effort, de temps et de distance perdus. Il n’empêche, Gabart, comme à son habitude, semblait détendu à la vacation du matin. Satisfait de sa position, le recordman du tour du monde en solitaire gère son avance.

Sous gennaker, les duellistes progressent à 30 noeuds dans les alizés, à la lisière du tropique du cancer. Cette glissade tropicale a pris la physionomie d’une course poursuite au portant. Mais attention à ne pas se laisser griser par ces conditions propices à la vitesse. Les grains sont toujours présents et peuvent surprendre par leur soudaineté.

Ne pas confondre vitesse et précipitation

« On a 20 à 25 nœuds de vent et la mer qui va avec » décrit François Gabart ce matin au téléphone. « Les conditions sont idéales pour attaquer, mais il faut arriver entier à la Guadeloupe ». Pour le skipper de MACIF, le jeu consiste pour l’instant à moduler la pression sur la pédale d’accélérateur en surveillant de près IDEC Sport dans son rétroviseur. Car derrière lui, Francis Joyon ne lâche rien.

Bientôt, il faudra aussi se placer par rapport à des alizés qui s’orienteront à l’Est. Vent arrière, il y aura des empannages à caler, une manoeuvre qui mine de rien, fait perdre 30 à 40 longueurs de bateau (1100 mètres). Aujourd’hui, la ligne d’arrivée paraît toute proche. Les ETA voient le premier des ULTIME dimanche au lever du jour en Guadeloupe. D’ici là, pour espérer remporter la victoire dans cette 11e Route du Rhum-Destination Guadeloupe, aucun des deux marins ne peut se permettre la moindre baisse de régime.

– C. El Beze –

Multi50 – Trois sur trois
Les abîmés du Nord, les échappés du Sud

Jusqu’ici, ils avaient bien résisté. Reste qu’au bout de cinq jours de mauvais temps, cinq jours à subir la violence des éléments, à lutter au près dans une mer chaotique, le matériel fatigue. Et cède. C’est le cas pour trois des six concurrents de la flotte Multi50 qui se déroutent aujourd’hui pour gagner un abri et faire une escale technique. 500 milles plus au sud, du côté des Canaries, Armel Tripon et Lalou Roucayrol enchaînent les empannages sur la bordure de l’anticyclone.

C’est un peu le choc des saisons et des philosophies au sein des Multi50. Quatre marins avaient choisi l’hiver, emprunté la directissime, la face nord de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, la route la plus courte mais aussi la plus escarpée, celle qui oblige à se coltiner les dépressions. Trois d’entre eux ont subi des avaries. Jeudi, Thierry Bouchard, victime de son chariot de têtière de grand-voile se détournait vers Cascais (Portugal). Cette nuit, Erwan Le Roux qui navigue depuis longtemps sans pilote automatique, prenait la décision de rallier Ponto Delgada aux Açores. Et ce matin, juste après notre vacation, Thibaut Vauchel-Camus, leader de la flotte depuis trois jours, informait son équipe que son chariot de têtière avait explosé – même avarie que Thierry Bouchard- . Le skipper de Solidaires en Peloton-ARSEP se dirige également vers l’archipel portugais.

Dans le groupe des partisans de la voie du Nord, il ne reste donc plus que Gilles Lamiré. A bord du Multi50 le plus « vintage » de la flotte, aux flotteurs volumineux, hauts sur l’eau et dépourvus de foils, celui qui avait terminé 3e de la Route du Rhum 2014 résiste encore aux éléments. Joint ce matin au téléphone, Gilles avouait ne prendre aucun plaisir à l’exercice, tout en se réjouissant d’être toujours en course et toujours dans le match…

L’été aux Canaries

Le décor et l’ambiance sont diamétralement opposés 500 milles plus au sud. Du côté des Canaries, chaleur et empannages sont au programme. A l’ouest de l’archipel, Armel Tripon navigue désormais en compagnie des premiers marins de la flotte IMOCA. Au portant, à 15/16 nœuds de moyenne, Réauté Chocolat, 2e au classement, progresse sur la bordure de l’anticyclone des Açores… Les alizés ne sont pas loin. Bien plus à l’Est, Lalou Roucayrol profite d’un couloir d’accélération au large des côtes africaines. Plein vent arrière, il multiplie les empannages en direction des Canaries, dont il pourrait bien apercevoir les îles aujourd’hui. Arkema était le bateau le plus rapide cet après-midi. Bientôt, celui qui avait fait escale toute une nuit au Portugal, pourrait se hisser sur le podium provisoire du classement.

– C. El Beze –

IMOCA – La voie du Sud
Leader à l’Ouest, cadors au Sud
Alors que Boris Hermann s’enferre au Nord en allant chercher le front froid qui balaye l’Atlantique, le groupe des quatre accélère au Sud et commence à toucher un portant plus consistant. Derrière, le trio Le Diraison, Roura, Seguin s’est fait rattraper par la dorsale et peine encore dans une forte houle peu propice à faire porter les spis… Et côté Portugal, si Yannick Bestaven a été contraint d’abandonner après un second arrêt à Cascais, Fabrice Amédéo a annoncé un nouveau départ demain.

L’anticyclone barre la route à Boris Hermann et le nouveau leader au classement IMOCA a manifestement décidé d’aller au bout de son option. Au lever du jour, Malizia II-Principauté de Monaco revirait pour aller chercher le front froid dont la courbure réclame de faire pas mal de chemin. Il est maintenant décalé de près de 500 milles des Sudistes et c’est encore du près qui l’attend pour au moins 24 heures. Le prix à payer pour pouvoir plonger ensuite dans le vent Nord-Ouest vers les Antilles. Mais l’anticyclone qui se déplace et s’épaissit vers l’Ouest risque de rendre sa tache bien difficile, d’autant que Boris annonçait ce midi à son équipe des soucis d’aérien de girouette qui pourraient à terme gêner sa performance sous pilote au portant.

Pendant ce temps, les leaders du Sud auront allongé la foulée vers le but en tirant enfin les bénéfices de cette incroyable boucle qui les mène aujourd’hui à la latitude des Canaries. « C’est rare de prendre une route aussi Sud mais avec toutes ces dépressions, il fallait passer par là. Si ça paie pour Boris, il n’y aura qu’à le féliciter… » déclarait fataliste Yann Eliès. Mais visiblement, le skipper d’UCAR-St Michel était passé en mode attaque ce midi, lui qui n’a pour l’instant rien pu reprendre à Paul Meilhat et Vincent Riou qui le devancent d’environ 80 milles. « Là, je raccroche le combiné et vais chercher chapeau et crème solaire pour prendre la barre car j’ai envoyé le spi. Dans la grosse houle, le pilote a du mal »

Spi ou gennaker ?

Pendant ce temps, Paul Meilhat naviguait sous gennaker, plus facile à gérer dans ces conditions de bordure anticyclonique, encore perturbée par les passages de front des derniers jours « Il y a pas mal de grains, du vent instable et toujours une houle énorme de Nord, Nord-Ouest. » expliquait Paul qui avait du mal à se satisfaire de cet excellent début de course. Depuis qu’il a doublé Vincent Riou mardi, seul Alex Thomson lui damne le pion et l’écart s’est nettement réduit. « Quand ça va vraiment démarrer, les foilers vont faire mal. Ils peuvent me mettre 300 milles d’ici l’arrivée ! » Sans doute la fatigue ne rend-elle pas optimiste après cinq jours de course usante…

Quelques 200 milles en arrière, le leader du second groupe Alan Roura accusait lui aussi un peu le coup, « Je suis dans la molle depuis hier avec une forte houle. Cette nuit, ça a beaucoup claqué, c’était aussi dur pour le pilote automatique que pour les nerfs. On a l’impression d’être dans le pot-au-noir sous le soleil ! D’ailleurs, je suis tribord amure, le contraire de ce que m’indique les fichiers » Comme Damien Seguin, Arnaud Boissières et dans une moindre mesure Stéphane Le Diraison, Alan s’est fait un peu enfermer par la dorsale qui prolonge l’anticyclone. L’écart avec les leaders devrait donc fortement augmenter dans les prochaines heures.

Encore sur l’arrière, Erik Nigon et Ari Pekka Huusela qui ferment la marche restent dans le système météo commandé par la sévère dépression qui touche tous les nordistes. Ces deux-là doivent commencer à trouver le temps long, eux qui n’ont jamais navigué autrement qu’au près depuis le départ pour leur première transat en IMOCA.

Au moment où nous bouclons ces lignes, SMA et PRB venaient d’empanner et s’apprêtaient à croiser juste derrière Hugo Boss. À 2300 milles de l’arrivée, la régate au contact (et peut-être à vue !) ne fait que commencer.

– PM Bourguinat –

Class40 – Creuser l’écart
Yoann Richomme mène grand train
Après cinq jours de mer, la course est en train de se décanter en tête de la flotte de la Class40, avec un leader, Yoann Richomme (Veedol-AIC) qui ne cesse de grappiller des milles sur ses deux poursuivants immédiats, Phil Sharp (Imerys Clean Energy) et Aymeric Chappellier (Aïna Enfance & Avenir). A l’arrière, les retardataires font une nouvelle fois le dos rond dans le gros coup de vent qui balaie la flotte du Nord de Lisbonne au Golfe de Gascogne, tandis que les bateaux en escale attendent une fenêtre pour repartir.

Yoann Richomme ne mollit pas. Leader de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe depuis lundi matin, le skipper de Veedol-AIC s’affirme jusqu’à présent comme le patron de la flotte en Class40. Stratégiquement, il n’est pas loin du sans-faute depuis le départ de Saint-Malo et son plan Lombard, mis à l’eau en juin dernier, se montre à la hauteur de ses attentes, particulièrement à l’aise dans les conditions de reaching rencontrées par la tête de course depuis deux jours. Au point qu’en 48 heures, son avance sur Phil Sharp (Imerys Clean Energy) et Aymeric Chappellier (Aïna Enfance & Avenir) est passée de 20 milles mercredi après-midi à 55 et 65 ce vendredi. « Le positif, c’est qu’à cette allure, mon bateau est plus rapide que ceux de mes concurrents. J’ai mis un bon coup de cravache cette nuit. J’ai remis des miles à mes poursuivants et je me positionne à l’intérieur de la courbure », s’est réjoui le vainqueur de la Solitaire du Figaro 2016.

Effectivement, non content d’être le plus rapide, Yoann Richomme est a priori le mieux positionné, le plus proche de la bordure de l’anticyclone des Açores, qu’il contourne actuellement par l’est, avant de récupérer d’ici les Canaries un régime d’alizés d’Est qui lui permettra d’attaquer au portant la traversée de l’Atlantique proprement dite. Des conditions de portant VMG sur lesquelles compte l’Anglais Phil Sharp pour tenter de rattraper une partie de son retard, lui qui a eu une journée compliquée jeudi, passée notamment à pomper dans le fond de son Mach 40 à cause d’une fuite de ballast.

Derrière le trio de tête, le trou est fait, puisque le quatrième, Kito de Pavant (Made in Midi), est à quasiment 100 milles de Yoann Richomme qui, aux dires du Languedocien, « a un avion de chasse, c’est dingue, il est 2 nœuds plus vite », tandis que suivent dans l’ordre Antoine Carpentier (Custo Pol), Arthur Le Vaillant (Leyton) et Luke Berry (Lamotte-Module Création), ce dernier handicapé par un problème de hauban, comme il l’a raconté vendredi à la vacation : « Je ne peux pas virer de bord depuis trois jours, parce que mon D2 est complètement détendu. J’ai essayé de faire un virement un moment, mais j’ai failli perdre le mât, ça m’a calmé un peu. Je force un peu moins sur le bateau parce que le hauban se balade complètement, il est libre, il va falloir que j’essaie de régler ça pour essayer de rester dans le match ».

Loin de ce peloton de tête, qui évolue ce vendredi à la latitude de Gibraltar, la sixième journée de mer est encore synonyme de gros temps, puisqu’une puissante dépression balaie actuellement l’Atlantique, s’étirant entre le Nord du Portugal et l’Irlande, d’où les trajectoires chaotiques observées chez certains, de Maxime Sorel (V&B), 9e, à Rodolphe Sepho (Rêve de Large), 18e. Une dépression qui a conduit plusieurs solitaires à s’abriter sur les côtes ibériques, de Gijon à Cascais, d’où est déjà reparti Loïc Féquet (Tibco). Pour les « Bretons », un départ groupé est toujours espéré dimanche.

Classes Rhum – Deux configurations
Une flotte Rhum à trois vitesses
La course des voiliers de la classe Rhum, tant Monocoques que Multicoques, conjugue en ce début de sixième jour de course, son actualité en trois temps. Il y a le temps des voiliers à l’arrêt, aux abris face au pilonnage des dépressions d’Atlantique, les bateaux aux prises avec le plus fort du mauvais temps, et les échappées de l’enfer, en route vesr les alizés.

Treize multicoques, sur 23 engagés, et 10 monocoques sur 17, ont ainsi demandé un armistice, le temps de laisser passer le plus fort des trains successifs de dépressions qui déferlent sur le proche Atlantique. Parmi eux, on déplore depuis 24 heures plusieurs abandons définitifs ; ceux d’Andrea Mura, et de Willy Bissainte en Rhum Mono, de Yann Marilley et très probablement de Fabrice Payen (démâtage) chez les Rhum Multi. Point commun entre tous ces hommes de mer, une pugnacité rare face aux éléments, et cette irrépressible envie d’en découdre, et de terminer cette Route du Rhum-Destination Guadeloupe particulièrement ardue.

Sur l’eau, on observe deux autres rythmes, deux autres configurations ; celle personnalisée par Pierre Antoine et son trimaran Olmix, au destin en tous points similaire à ce que vit Sidney Gavignet et son grand monocoque Café Joyeux. Ces deux hommes caracolent en tête de leur catégorie respective, après avoir négocié de belle manière les passages de front. Ils lorgnent avec appétit vers les alizés qui se prélassent devant leurs étraves, et vont très prochainement jouir pleinement de ces navigations rêvées, au soleil, sur une belle et longue houle, à grande vitesse vers l’arc antillais.

Dans leur sillage, c’est encore Verdun. Yann Marilley, dans l’avant port de Baiona, enregistrait à la mi-journée des vents à plus de 40 noeuds. Du Golfe de Gascogne aux rivages ibériques, la tempête souffle en force, et chahute de nouveau les solitaires déjà étourdis d’une navigation toute en force, toute en effort, pour un gain si modeste vers le sud.

Les Normands Jean-François Lilti et Etienne Hochedé semblent en avoir terminé avec leur pain noir, et peuvent commencer, dans le sillage d’Olmix à rêver d’alizé. Du côté de Lisbonne trois jolis petits trimarans, les « petits jaunes » de François Corre et Loïck Peyron, suivis de Jess au Belge Gilles Buekenhout, cherchent un peu de répit en longeant la péninsule ibérique. Rapides sur le fond, ils ne progressent guère vers les Antilles, mais leur navigation toute en sagesse et en modération, les conduira sans doute à bon port.

Quatre monocoques reçoivent aujourd’hui de plein fouet le feu de la nouvelle dépression. Du Golfe de Gascogne au nord du Portugal, il fait vilain temps pour Dominique Dubois, Jean Marie Patier, Luc Coquelin et Wilfrid Clerton, tous admirables de ténacité et de sens marin, en passe de surmonter leur quatrième dépression. Ils auront plus qu’aucun autre concurrent de cette Route du Rhum-Destination Guadeloupe, mérité leurs alizés, et le Ti’Punch de l’arrivée.

Classement actuel (Top 3 skippers dans chaque catégorie à 1545 UTC Vendredi 9 Novembre 2018)

ULTIME
1 François Gabart (MACIF) 1,163 NM de l’arrivée
2 Francis Joyon (IDEC Sport) +159.09
3 Romain Pilliard (Remade – Use It Again) +1,900.36

MULTI50
1 Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton-ARSEP) 2,313NM de l’arrivée
2 Armel Tripon (Reaute Chocolat) +78.23
3 Gilles Lamire (La French Tech Rennes Saint Malo) +132.78

IMOCA
1 Boris Herrmann (Malizia II-Yacht Club de Monaco) 2,384NM de l’arrivée
2 Alex Thomson (Hugo Boss) +20.49
3 Paul Meilhat (SMA) +31.71

CLASS40
1 Yoann Richomme (Veedol AIC) 2,542NM de l’arrivée
2 Phil Sharp (IMERYS CLEAN ENERGY) +59.49
3 Ameryic Chappelier (AINA Enfance Avenir) +69.96

Rhum Multi
1 Pierre Antoine (OLMIX) 2,502NM de l’arrivée
2 Etienne Hochede (PIR2) +310.43
3 Jean-Francois Lilti (Ecole Diagonale Pour Citoyens du Monde) +326.01

Rhum Mono
1 Sidney Gavignet (Café Joyeux) 2,617 NM de l’arrivée
2 Sébastien Destremau (ALCATRAZIT-FACEOCEAN) +247.48
3 Wilfrid Clerton (Cap Au Cape Location – SOS Villages D’Enfants) +313.14

Crédit Photo : Olivier Cardin / Région Normandie
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– CP –

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