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MOD 70 European Tour: FONCIA enfonce le clou au général

Michel Desjoyeaux et ses cinq équipiers ont terminé 3e ce matin en rade de Marseille, après s’être bagarrés, toute la nuit dans la brise à des vitesses incroyables, pour tenter de revenir sur leurs prédécesseurs Race for Water. A 09h57’06’’, ils passaient la ligne d’arrivée de cette 4e étape, un peu plus de 17 minutes derrière l’équipage de Steve Ravussin. Au final, c’est une bonne opération pour le team FONCIA qui conforte sa place de leader au classement général avec une marge de 8 points.

60 heures de pétole puis les 20 dernières dans la brise. Cette quatrième étape de 1030 milles entre Cascais et Marseille a été celle des extrêmes, pleine de tempérament comme c’est souvent le cas en Méditerranée. Dans ce contexte, le team FONCIA, troisième au pied de la Bonne Mère, s’en sort très bien. Les yeux rouges et les visages blancs de sel, les six marins ont posé le pied à terre dans le port du Roucas Blanc fatigués, mais heureux d’avoir tout donné.

Les trois quarts des City Races et les quatre cinquièmes des régates offshore ont été disputés. FONCIA domine le classement général provisoire de l’European Tour avec 8 points d’avance sur Spindrift racing : le bilan est très positif même si les jeux ne sont pas encore faits. Il faudra être bon pendant les City Races de Marseille (vendredi et samedi prochain) et dans l’ultime étape à destination de Gênes.

Quant à la course elle-même, ce sont encore les marins qui en parlent le mieux. Juste avant qu’ils ne partent se dessaler sous une douche chaude puis s’écrouler dans environnement stable, sec et silencieux, nous avons demandé à Michel Desjoyeaux et son équipage ce qu’ils retenaient de cette 4e étape. …

Michel Desjoyeaux : « On a un peu raté le coche au niveau du cap Saint Vincent. Malgré cette déception de voir partir Oman et Race for Water, on a continué à rester combattif, à s’occuper du bateau pour le faire avancer dans des conditions pas faciles. Nous sommes aussi rassurés sur notre capacité à mettre du charbon dans des conditions musclées, à cravacher, à accepter d’aller vite dans la brise. On a confiance dans le bateau et le bateau nous le rend bien puisqu’on a rien cassé.  Nous avons poussé la machine à fond la caisse, avec des pointes à presque 39 nœuds. »

Antoine Carraz : « On a eu toutes les conditions de vent : du très faible au très fort cette nuit. On s’est battu avec Race for Water pendant 1000 milles. Ça nous a obligé à toujours être à fond et ça s’est d’ailleurs joué à pas grand-chose. On est fatigué parce que comme à chaque fois, la dernière nuit, quand c’est au contact, on ne dort pas du tout. Mais il y a aussi la satisfaction de reprendre quelques points à Spindrift racing. Rien n’est fait mais il vaut mieux être premier que 2e. Pour l’instant, on fait une belle course. »

Xavier Revil : «  Nous avons passé des nuits à chercher le vent, avant de terminer sur les dernières 12 heures très très rapidement : tout le contraire entre le début et la fin. Ça  fait 24 heures que nous ne sommes pas allés nous coucher pour tenter de rattraper Race for Water. On a attaqué fort et c’était stressant On arrive juste derrière eux. J’ai beaucoup barré. Toute la nuit je crois. Un peu stressant la barre à ces vitesses là. On a souvent navigué à 35/36 nœuds en vitesse stabilisée. On ne voyait rien, il faisait nuit noire, on ne savait pas où on mettait les étraves, à la barre, on n’est pas très serein. »

Alban Rossolin : « C’était un peu la douloureuse. A chaque fois, on attendait les positions pour savoir combien on avait pris de retard sur les leaders et comment on était par rapport à nos poursuivants. A chaque instant, nous calculions les gains et les pertes. Là, je suis encore sous pression ! »

Thierry Chabagny : « Tout le vent qu’on a pas eu pendant trois jours, on l’a eu pendant les 24 dernières heures.  Les vannes se sont ouvertes et là, c’est parti à fond. L’arrivée au contact avec Race for Water a rajouté un peu de piment. On s’est relayé à la barre, aux écoutes, sans dormir. C’était le karcher sur le bateau. Les paquets de mer t’arrivent dessus non pas à 6 nœuds comme en Figaro, mais à 35 nœuds. Ce sont de vraies gifles, des coups de tête.  On a tenu sur les nerfs et une fois à terre, tu te relâches, tu commences à avoir les yeux qui papillonnent avec le sel. Il est temps de se laver et d’aller dormir.»

Charles Caudrelier : « Beaucoup de petit temps. Une étape très compliquée et une fin à fond, à fond la caisse. Et une bonne opération au classement général. Toute l’étape, je me suis posé des questions : comment vais-je passer à cet en droit là ? C’était compliqué, on n’a pas tout compris. Mais au final, on a bien travaillé. Je suis plutôt content… »

Les temps de FONCIA

Arrivé le 24 septembre à 09h 57minutes et 06 secondes
Temps de course : 3 jours 18 heures 57 minutes et 6 secondes
Vitesse moyenne : 11 nœuds
12,45 nœuds sur les 1132 milles réellement parcourus

Classement de l’étape 4

  1. Musandam-Oman Sail
  2. Race for Water
  3. FONCIA
  4. Spindrift racing
  5. Groupe Edmond de Rothschild

Classement général provisoire de l’European Tour

  1. FONCIA  (Michel Desjoyeaux), 225 pts
  2. Spindrift racing  (Yann Guichard), 217 pts
  3. Musandam Oman Sail (Sidney Gavignet), 193 pts
  4. Race For Water (Stève Ravussin), 193 pts
  5. Groupe Edmond de Rothschild  (Sébastien Josse), 186 pts

Crédit Photo: Mark Lloyd Mod S.A

Tags sur NauticNews: MOD 70Michel DesjoyeauxFONCIA

– CP –

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