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Voile Olympique : Une journée avec l’Equipe de France de Laser

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06/2010 –

Lors de la Semaine de Kiel, NauticNews.com a suivi l’équipe de France de Laser. Avec pour guide éclairé l’entraineur national Lionel Pellegrino [voir notre article], nous avons assisté de près à la préparation ainsi qu’au déroulement d’une épreuve de Coupe du Monde. A Kiel, l’équipe de France n’avait envoyé qu’un représentant, Jean-Baptiste Bernaz qui a choisi pour sa préparation olympique de participer à tout le circuit mondial. D’autres Français ont pu participer à l’événement dont 3 jeunes de différents Pôles Voile, et un amateur passionné qui régate par ses propres moyens.

Préparatifs et concentration.

Mardi 22 juin, après 2 jours d’annulation, les 120 laseristes de l’impressionnante Semaine de Kiel [voir notre article] ont été invités à rejoindre leur plan d’eau vers midi. Pour les Lasers, la zone de course est le rond Charly, distant du village des Jeux Olympiques de 1972 d’environ 3 milles. Les 5 laseristes tricolores sortent du port et s’alignent afin d’être pris en remorque durant environ 45 minutes par l’entraineur de l’équipe de France. Lâchés au niveau du bateau comité, les athlètes commencent ensuite à se mettre en action. D’abord ils effectuent quelques bords de près afin de caler leur vitesse, ainsi que leur position face au petit clapot de la Mer Baltique. « Après m’être placé techniquement par rapport aux conditions, j’essaye de déterminer sur quel type de vent on se trouve, nous a expliqué Jean-Baptiste Bernaz, le N°1 Français. Je regarde tout ce qui fait la structure du vent, s’il est oscillant, cisaillé ou évolutif, s’il y’a des nuages, s’il y a du courant également. Peu à peu, j’établis une tactique de course. Cela me donne une idée du comportement à avoir même si je ne la respecterai vraisemblablement pas. En Laser, c’est principalement l’évolution de la flotte qui modifie les situations ».

On cherche des solutions techniques.

Durant cette préparation, l’entraineur conseille les coureurs qui lui en font la demande. Il leur donne des pistes de réflexion sur leur position, sur l’écartement de leurs appuis (fesses et pieds) pour passer sans freiner le clapot. Il leur demande de décrire leurs sensations, et aussi si chaque changement d’attitude donne des résultats. Certains écoutent, d’autres s’isolent en tournant autour de la ligne. A 14h10, enfin la procédure de départ de la 1ère flotte est lancée avec 4 des 5 Français engagés. Jean-Baptiste Bernaz qui vise un podium sur la World Cup est extrêmement motivé. 25ème après 3 régates moyennes, il sait qu’il doit faire un très bon résultat lors de cette ultime manche. Bien parti, il passera la bouée au vent en 7ème position, assez proche des premiers. Nous longeons le rond de course afin de suivre le premier bord de vent arrière où il réussi à doubler 2 concurrents avant passer l’une des portes juste derrière un Suisse qui gagnera haut la main la manche. Depuis la sécu, nous voyons distinctement notre coureur virer vers le milieu du plan d’eau avec la sensation qu’il n’ose pas trop aller vers les coins. Grâce à 2 excellents vent arrière, mais avec 2 remontées au près un peu timides, le Varois se classera finalement 5ème de la Manche, et 13ème de la compétition. Ce résultat, décevant en soi, lui permet tout de même de marquer des points pour la Coupe du Monde dont il occupe actuellement la seconde place.

3 petits tours et puis s’en vont.

Les arrivées se suivent, et Lionel Pellegrino revient sur des situations particulières avec chaque coureur. Comme les 120 laseristes sont répartis en 3 flottes, il n’a pas la possibilité de voir tout le monde mais s’enquiert de leur résultat et aussi de leurs sensations. Sans avoir pris de notes, il leur rappelle leurs passages de bouées, leurs choix de routes et certains travers liés souvent aux habitudes qui prennent le pas sur la réflexion, surtout lorsque la fatigue s’installe. « Le Laser est une discipline où tu dois être réactif en permanence, explique t’il. On dit que c’est un support lent, c’est faux. C’est un support où il faut agir sans cesse pour accélérer ». Il organise ensuite une petite séance avec 2 coureurs qui n’ont pas bien su se jouer du clapot. Petits bords de près, presque à la contre gîte pour travailler les sensations et les appuis, puis fausse panne, il les fait lofer sans le stick, les fait sentir l’importance de la pression dans la voile. Un coup de canon marque la fin de la journée, mais aussi de l’épreuve. Il faut alors refaire les 45 minutes vers le village, placer sur la remorque 2 lasers et la sécu puis monter dans le camion pour les 22 heures de route vers Saint Raphaël. Ce long périple, leur lot à chaque épreuve, sera l’occasion de débriefing et de projection vers la prochaine course importante. Pour le coureur de l’Equipe de France et son entraineur, ce sera la dernière épreuve de la coupe du monde disputée début août à Weymouth, sur le plan d’eau des prochains Jeux Olympiques.

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Tags sur NauticNews.com : Voile OlympiqueLaserJean-Baptiste Bernaz

Crédit photos : NauticNews.com

-NG-

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