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Portrait Richard Mérigeaux

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35 traversées du golfe de Gascogne, 19 transatlantiques et un demi tour du monde, du Pacifique à la Mer Rouge, en passant par l’Océan Indien, Richard Mérigeaux a fini second de la mini transat 2003 sur « Bon Pied Bon Oeil ». Marin d’exception, c’est un habitué des podiums pour le Mini Fastnet, en effet il a fini tous les ans second depuis 2001, excepté en 2003 où il finit 3ème .

Rencontre

47 ans, le visage expressif et hâlé par le soleil marin, les épaules carrées, des boucles à l’oreille gauche : on se croirait presque en présence de Corto Maltèse. Des petites lunettes sur le nez, Richard Mérigeaux rappelle l’instituteur qu’il a été, sa première vocation. Sa voix est posée, sereine, on sent la maîtrise du marin d’expérience qui sait garder son sang froid. Il raconte avec amusement, que lors de la dernière Mini Transat, il s’est fait vraiment peur pour la première fois : « Un matin, en me levant, j’ai juste eu le temps de remonter un peu au vent pour prendre de la vitesse et voir passer le bulbe d’un cargo à 4 mètres derrière mes safrans… ».

Le Marin

Richard vit à La Rochelle depuis plus de vingt ans et, comme tous les marins de la vieille école, il est discret, pas de mot inutile, un peu à l’image d’Eric Tabarly avec qui il a pu naviguer sur « Côte d’Or 2 » et « Pen Duik ». En course, rester discret fait partie de sa stratégie, « moins on parle, moins les autres en savent sur notre position ». Lors de la dernière Mini Transat il n’y avait ni livre ni musique à bord, « entre les réglages, le sommeil, les repas, les vacations radio… on a de quoi s’occuper ». Richard a ce charisme unique que l’on retrouve chez les Tabarly, Kersauson et autres Moitessier. Sa passion est d’ailleurs de naviguer et régater sur de vieux gréements, comme « Petite Lande », une goélette aurique, qu’il connaît bien.

Histoire d’une passion

Né dans les Deux-Sèvres, il passe toute sa jeunesse dans la Vienne près de Poitiers, loin de la mer. Le marin trouve son premier embarquement sur un voilier à l’âge de 21 ans. Il réalise enfin son rêve d’enfant : « Je n’ai jamais su d’où ça venait mais ça m’a toujours fait rêver la mer et les bateaux ». Pendant un mois, il va naviguer de La Rochelle à Londres, aller et retour. Après cette expérience, Richard décide de s’installer à La Rochelle. Dans les premiers temps sa résidence est un bateau, une frégate de 1961, dans le bassin à flot de La Rochelle. Durant six ans il va exercer son métier d’instituteur avant de devenir skipper. Après un stage de voile, les bateaux des potes et son propre bateau il convoie enfin, en tant que professionnel, ses premiers bateaux. Les débuts sont difficiles et dans ce milieu, à l’époque, pour travailler, il fallait faire ses preuves.

Puis c’est le temps de la défiscalisation, bénédiction pour les skippers qui doivent convoyer de nombreux bateaux jusque dans les Dom Tom. Aujourd’hui, Richard skippe essentiellement des yachts de propriétaires fortunés.

Sa passion de la voile s’étend jusque dans ses lectures. Il a lu « comme tout le monde » l’œuvre de Moitessier mais ce genre de livre l’ennui, « si c’est pour lire : tel jour il faisait tel temps et tel jour j’ai mis telles voiles, ça ne m’intéresse pas ». Il préfère de loin, aux carnets de route, les aventures et les récits de Jack London, de Henri de Monfreid ou encore les romans historiques de C.S. Forrester avec « Le Capitaine Hornblower ».

Calme et posé, Richard n’a pas pour autant sa langue dans sa poche. Il parle à regret de la direction un peu « élitiste » que prend certaines courses ou encore de l’aberration de la réglementation pour la plaisance.

Dans un futur proche, le rochelais se prépare à courir en duo le Mini Fastnet avant de s’embarquer pour de plus grands bateaux. Son moment préféré sur un bateau ? Le dernier quart, celui du matin : tout le monde est couché, le soleil se lève, on est seul maître à bord…

– CdB –

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