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Transat Jacques Vabre : Les caprices du Golfe… premier abandon

Cette journée de samedi fut marquée par l’avarie de flotteur tribord du Multi50 Maître Jacques (Loïc Féquet et Loïc Escoffier) actuellement en route vers La Corogne. Chez Les IMOCA, MACIF continue de prendre le large dans un golfe de Gascogne déchaîné. Les MOD70, eux, ont passé le plus dur et naviguent désormais sous un ciel plus clément.

Class40 : Départs demain à partir de 4h00 (heure française)
Après 180 milles d’une belle bagarre au contact entre Le Havre et Roscoff, les 26 Class40 vont cette fois partir pour de bon. Demain, dimanche 10 novembre à 4 h (heure française), GDF SUEZ (Sébastien Rogues/Fabien Delahaye) sera le premier à mettre le cap vers Itajaí au Brésil, suivi par Alex Pella et Pablo Santurde (Thales Santander 2014) et Jorg Riechers/Pierre Brasseur (Mare). 9h 21 mn et 45 s après GDF SUEZ, ce sera au tour du dernier arrivé à Roscoff, Ecoelec-Frantronic (Eric Darni/Florent Bernard). Les Class40 ont laissé passer le gros du coup de vent mais dans le golfe de Gascogne, ils devront faire avec une mer creusée par les coups de vent successifs et qui se calmera doucement d’ici lundi.

Multi50 : Maître Jacques se déroute vers La Corogne
Alors qu’ils venaient de prendre la tête de la flotte des Multi50 (au dernier pointage de 14 h), Loïc Féquet et Loïc Escoffier sur Maître Jacques ont vu la partie avant de leur flotteur tribord arrachée. C’est à 14 h 30 que l’avarie est survenue par 25 nœuds de vent et dans des creux de 4 à 5 mètres. Les deux marins font désormais route vers La Corogne sous ORC seul (petite voile d’avant) sans demande d’assistance. Ils devraient atteindre le port espagnol demain matin. A 100 milles du cap Finisterre, Arkema-Région Aquitaine (Lalou Roucayrol/Mayeul Riffet) a repris du poil de la bête et cavale désormais à 15 nœuds, 3 milles devant Actual (Yves Le Blevec/Kito de Pavant) et 11 milles devant FenêtréA Cardinal. L’écart continue de se creuser avec Rennes Métropole – Saint-Malo Agglomération (Gilles Lamiré/Andrea Mura) distant de 120 milles du trimaran Aquitain. Vers un monde sans Sida (Eric Nigon/Samy Villeneuve) est toujours à Brest après avoir effectué les réparations de son aérien et du début de délaminage de sa chute de grand-voile.

Loïc Féquet, skipper Maître Jacques : « On a entendu un grand craquement et on a vu que le flotteur était arraché à l’avant. Est-ce que cela s’est fait là tout de suite ou à force de cogner toute la nuit, on ne sait pas. On a pris une vague plus grosse que les autres, est-ce que cela a « fini » le travail ?

En tous cas, personne n’est blessé. Nous faisons route vers la Corogne. Nous sommes à 6 nœuds sous ORC seul, on laisse « vivre » le bateau, sans forcer. Il y a encore 2 – 3 m de creux, mais avec des vagues parfois un peu plus grosses. »

Franck-Yves Escoffier, chargé du lien à terre avec l’équipage : « C’est très dommage, ils avaient fait une très belle entrée dans le golfe de Gascogne, ils avaient tracé une belle trajectoire, fluide. Ils ont été les premiers à avoir pris de l’ouest et ils étaient très bien placés pour  revenir aux avant-postes et allonger la foulée. Ils avaient fait le plus dur, le vent allait s’orienter au nord-ouest et la mer allait s’apaiser…

Mais dans une mer croisée de 6 à 7 mètres de creux avec des déferlantes, il suffit de 2 ou 3 grosses vagues qui cognent sur l’avant du flotteur pour faire de gros dégâts.

Le choix de La Corogne est judicieux, ils ne sont pas très loin. La mer va se calmer, ils vont savoir trouver le bon équilibre pour préserver leur bateau et arriver là bas par leurs propres moyens. »

IMOCA : Le cavalier seul de MACIF
En approche du cap Finisterre, François Gabart et Michel Desjoyeaux (MACIF) creusent un écart qui devient conséquent sur leurs poursuivants. Au pointage de 17 h, ils filaient à 17 nœuds de moyenne et devançaient de plus de 50 milles PRB (Vincent Riou/Jean Le Cam) et Cheminées Poujoulat (Bernard Stamm/Philippe Legros), et de 60 milles Maître CoQ (Jérémie Beyou/Christopher Pratt) et Safran (Marc Guillemot/Pascal Bidégorry). MACIF devance même les premiers Multi 50, moins à l’aise dans les mers fortes. Les IMOCA de tête ont passé le centre dépressionnaire et toucheront des vents plus maniables aux abords de la pointe espagnole. Puis dans les alizés de Nord-Est, les spis seront de sortie dans une mer bien moins chaotique. Jolie récompense après un début de course copieux.

MOD70 : Demain les alizés portugais !
Les deux MOD70, Edmond de Rothschild (Sébastien Josse/Charles Caudrelier) et Oman Air-Musandam (Sidney Gavignet/Damian Foxall), ont mangé leur pain noir depuis le départ du Havre. Joints à la vacation ce samedi matin, Charles Caudrelier et Sidney Gavignet décrivaient une navigation éprouvante aux abords du cap Finisterre. A tel point qu’ils ont dû brider les performances de leurs trimarans, qui nécessitent une attention de tous les instants et ne laissent donc que très peu de répit aux marins. Les conseils des routeurs pour affiner les trajectoires doivent être précieux… Dans leur descente le long des côtes portugaises, les MOD70 touchent des vents plus maniables et peuvent davantage pousser leurs machines. A 17h, Josse et Caudrelier avaient 32 milles d’avance sur Gavignet et Foxall. Tous attendent avec impatience les alizés portugais, dès demain dimanche.

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– CP –

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