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Sodebo Ultim’, l’aventure commence !

C’est sous une pluie de confettis et avec une belle émotion partagée que le trimaran SODEBO ULTIM’ a été mis à l’eau ce lundi à 11h30 devant le chantier Multiplast de Vannes. En partant de Geronimo – le mythique trimaran d’Olivier de Kersauson né dans le même chantier en 2001 et taillé pour les records en équipage – le team a créé une impressionnante arme de solitaire. Entouré des équipes qui ont réalisé en 14 mois cette transformation aussi spectaculaire qu’inédite, le skipper Thomas Coville a laissé exploser sa joie au moment où les trois coques de 31 mètres ont touché l’eau. Doté du numéro 73 en référence à l’année de création de l’entreprise et paré de la nouvelle signature de la marque LA LIBERTÉ A DU BON, ce trimaran unique au monde s’alignera le 2 novembre prochain sur la 10 édition de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe.

« Je suis très ému, c’est une vraie joie collective qui concrétise plus d’un an d’imagination et de réalisation par des dizaines de personnes qui ont fait un super travail. Aujourd’hui, il flotte et très bien même ! » a déclaré le skipper. « J’ai la fierté de mettre à l’eau un tel bateau. Pour moi, Geronimo n’existe plus, il est devenu Sodebo Ultim’. Ce bateau a évidemment une âme mais il est devenu un autre trimaran avec une autre personnalité et un autre programme. »

Le goût de la liberté

Le nouveau membre de la ‘famille’ Sodebo a fière allure. Résolument haut sur l’eau, le cinquième* bateau de courses en 16 ans d’aventure voile, allie lignes effilées et formes agressives. Comme l’était Geronimo en 2001, Sodebo Ultim’ est le reflet de son époque, moderne et issu des dernières innovations. Dans sa catégorie, le trimaran affrontera près d’une dizaine de concurrents sur La Route du Rhum 2014. Il rejoint également les bateaux du Collectif Ultim, l’association d’armateurs qui a l’ambition de créer un nouveau circuit de courses au large dont un tour du monde. Ce matin, des représentants des Banques Populaires et du groupe Macif ont partagé la mise à l’eau avec Sodebo.

« Avec le Collectif Ultim, un souffle de liberté arrive sur la course au large. Nous sortons des sentiers battus. Comme dit Olivier de Kersauson, le père de Geronimo : sans risque, la vie n’a pas de texture, n’a pas d’élégance, de matière. Sodebo est une des entreprises françaises qui sait prendre des risques et assume ses choix en toute indépendance, » exprimait ce matin Patricia Brochard, co-présidente de Sodebo.

La métamorphose

Le team Sodebo a misé sur la même équipe que celle impliquée il y a 13 ans dans la genèse de Geronimo et notamment les architectes du cabinet VPLP, le bureau d’études HDS et le chantier Multiplast. Le changement le plus radical concerne la nouvelle coque centrale de 31 mètres, destinée au solo et plus courte que la précédente. Les flotteurs ont été dotés de nouvelles étraves inversées ainsi que de safrans et de foils afin de pouvoir naviguer sur une coque. La bôme d’origine a été modifiée pour convenir au nouveau mât construit chez Lorima et au jeu de voiles conçu et réalisé par North Sails. Comme sur son précédent bateau, Thomas a choisi un cockpit très concentré et une cellule de vie de plain-pied d’à peine trois mètres carrés. La chasse au poids a donné le tempo de cette ‘construction’ et le résultat est impressionnant puisque que le skipper annonçait, ce matin, que sept tonnes ont pu être gagnées sur la plateforme depuis la version équipage.

« Le point majeur était d’avoir confiance dans l’estimation des paramètres de performances de la version modifiée, de prendre les bonnes décisions (la masse et la puissance du bateau) et de confirmer qu’il était jouable de gagner sept tonnes dans sa nouvelle version pour se rapprocher de notre référence du moment : le Maxi Trimaran Banque Populaire VII, » confiait Vincent Lauriot-Prévost, architecte de Geronimo puis de Sodebo Ultim’. « C’est un bateau dont l’important travail de refit a permis de le remettre dans la course de manière très compétitive et d’être dans les caractéristiques des trimarans les plus performants du moment. Un sérieux client pour le Rhum ! »

Les yeux d’enfant d’Olivier de Kersauson

Il y a quelques jours, l’ancien skipper est venu visiter le bateau au chantier, se délectant des explications de Thomas qu’il connaît depuis qu’il l’a embarqué pour un Trophée Jules Verne victorieux en 1997. « Je suis content que ce soit Thomas qui reprenne le plus beau bateau de ma vie. C’est assez gratifiant de voir un historique maritime, des morceaux de bateau qui continuent à vivre, parce que cela veut dire que la pensée était pertinente. Ce que devient Geronimo résulte d’une réflexion complètement logique. Les bateaux de ‘Sieur Coville’ ont toujours été cohérents. J’ai hâte de le voir naviguer, de voir les progrès qui ont été faits. »

Ils ont dit :

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ : « C’est une journée symbolique. Cela fait 14 mois que l’on a ramené Geronimo de Brest. Il fallait avoir de l’imagination pour arriver à un bateau de cette forme et de cette modernité. Nous avons la fierté d’avoir osé quelque chose d’assez incroyable. ll y a 20 ans, je faisais mon premier tour du monde avec Olivier de Kersauson et il y a quelques jours, nous nous sommes fait plaisir tous les deux à rencontrer ce bateau. Olivier était comme un gamin, enthousiaste comme nous ! »

Olivier de Kersauson, skipper de Geronimo :
« Je reconnais les bras qui typent le bateau, les flotteurs aussi et j’aime la coque centrale, c’est vachement intelligent d’avoir changé ça. L’autre était faite pour naviguer à onze alors que là, c’est un programme solo. Ce que devient Geronimo, c’est une réflexion complètement logique et tu vois tout de suite que c’est bien. Les bateaux de ‘Sieur Coville’ ont toujours été cohérents et ça c’est dû au fait de naviguer, à l’intelligence maritime. On est là, 20 ans après, ce n’est pas un hasard. On a maintenant un bateau moins gras et plus rapide. J’ai hâte de le voir naviguer, de voir les progrès qui ont été faits. »

Vincent Lauriot-Prévost, architecte de Geronimo puis de Sodebo Ultim’ : « En 2001, en vue des records en équipage, Olivier souhaitait un bateau qui joue sur la longueur de la coque centrale de 34 mètres pour un meilleur passage dans la mer dans la longue houle du Sud et sur le fait de naviguer sur deux coques tout en glisse avec un seul safran sur la coque centrale. La démarche de Thomas est différente et découle de ses précédentes navigations en solitaire : plus focalisée sur la navigation sous foils que sur la coque centrale, réduire la taille du mat et la surface de voile, et adapter trois safrans pour pouvoir naviguer sur un flotteur tout en conservant la garde à la mer des bras de liaisons de la version précédente. »

LA TRANSFORMATION EN QUELQUES CHIFFRES
14 mois de chantier
200 fournisseurs dans 12 pays
40 000 heures de travail
7 tonnes gagnées sur la plateforme depuis Geronimo
70m2 de voilure de plus que le précédent maxi-trimaran Sodebo

SODEBO ULTIM’
Numéro : 73 (En référence à la création de Sodebo par Simone et Joseph Bougro en 1973)
Architectes : cabinet Van Peteghem-Lauriot-Prévost
Longueur : 31m
Largeur : 21,20m
Hauteur mât : 35m
Tirant d’air : 37m
Conception et fabrication voiles : North Sails
Surface Grand Voile : 283m2
Surface voiles max au près : 444m2
Surface voiles max au portant : 663m2
3m2 d’espace de vie de plain-pied

Crédit Photo : Yvan Zedda

Tags sur NauticNews : Sodebo Ultim, Thomas Coville

– CP –

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