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Armel Tripon et Imagine qualifiés pour la Route du Rhum

C’est une étape symbolique importante que la qualification pour la reine des Transatlantiques : la Route du Rhum. Elle est en poche pour Armel Tripon, rentré lundi à La Trinité-sur-mer après un périple de 1300 milles en solitaire. Enthousiaste, le skipper d’Imagine raconte….

Armel, un mot d’abord pour expliquer ce qu’est la qualification pour la Route du Rhum en 60 pieds IMOCA…

« C’est simple : l’organisateur nous demande de faire 1000 milles en solitaire sans escale pour nous qualifier. Le parcours est suivi par une balise. Cela permet de qualifier à la fois le bateau et le skipper pour l‘épreuve. Mais au-delà de ça, cette qualif’ était surtout un de mes objectifs d’entraînement du moment. Une excellente occasion de passer du temps seul en mer sur le bateau. Naviguer reste le meilleur moyen de continuer à bien prendre en mains Imagine.  »

Quel parcours as-tu réalisé?

« Je suis parti mardi dernier, voilà six jours. Mon idée initiale était d’aller vers les Açores et revenir. Sauf que la prévision météo a évolué et je me suis rendu compte en mer que le vent allait être très faible pour rentrer, au point que ça devenait compliqué de revenir… Or, quand tu t’entraines pour la Route du Rhum, une Transat qui part en novembre, il est évident que c’est mieux d’aller chercher du vent plutôt que de la pétole ! Donc 300 milles dans l’ouest du Cap Finisterre, j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule : j’ai fait demi tour et je suis monté plein nord vers le phare du Fastnet, en Irlande. »

Et as-tu trouvé plus de vent dans le nord ?

« Oui ! C’était parfait parce que je me suis retrouvé dans de la brise, au près, dans des vents de 25 nœuds. Et j’ai eu conditions variées qui m’ont obligé à faire des manœuvres, prendre et renvoyer des ris, changer de voiles… J’ai pu encore passer en revue toute la garde-robe du bateau. C’était parfait ! A 200 milles du Fastnet j’ai entendu des grincements dans les paliers de quille et j’ai choisi de rentrer tranquillement au portant vers la Trinité, où je suis arrivé ce lundi midi. Renseignements pris, ces bruits sont normaux. Nous allons faire une nouvelle vérification avec un spécialiste de l’hydraulique mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter. »

Tu t’étais mis en conditions de courses pour cette qualification?

« En effet c’était l’idée : essayer de naviguer toujours dans le bon tempo, avec la bonne voile. Faire un convoyage tranquille n’aurait servi à rien. Je n’ai jamais dormi plus de 20 minutes. L’idée était de continuer à bien prendre la mesure du bateau et de ce point de vue aussi c’est une grande réussite. Je reviens très enthousiaste, car Imagine est un super bateau, très réactif… au point que cela m’a souvent rappelé mes années en Mini 6.50 ! Tu déplaces un poids de l’avant vers l’arrière, tu le ressens tout de suite sur la marche du bateau, comme en Mini. En revanche c’est très physique : la moindre manœuvre prend au bas mot 20 minutes quand il faut tout matosser (déplacer les poids à l’intérieur du bateau ndr). J’ai identifié des petites choses à modifier côté ergonomie – c’était aussi un des buts ! de cette Qualif’ – et surtout j’ai la sensation d’être de plus en plus à l’aise sur ce bateau extraordinaire qu’est Imagine. »

Bilan visiblement positif, donc?

« Très, très positif ! Et je me suis fait clairement plaisir à bord, à retrouver la navigation en solitaire. C’est tout de même quelque chose d’être seul en pleine mer sur ce genre de bateau, à me dire que je suis en train de préparer la Route du Rhum. Et Imagine me parait hyper sain… c’est un bonheur de naviguer à bord !  »

Crédit Photo: Pierre BOURRAS

Tags sur NauticNews : Armel Tripon, IMOCA, Route du Rhum

– CP –

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