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Après le Vendée Globe, la Route du Rhum : Un doublé historique sans faute pour François Gabart sur MACIF en IMOCA

Pour leur dernière course, François et son 60 pieds MACIF écrivent une nouvelle page dans l’histoire de la voile. A chaque première tentative, François Gabart a su transformer l’essai en succès :

Vendée Globe 2012 : victoire et record en un peu plus de 78 jours pour le plus jeune vainqueur de la circumnavigation.

Route du Rhum 2014 : victoire et record en 12 jours 4 heures et 38 minutes. Sans omettre en 2011, la transatlantique d’ouest en est, B to B qualificative pour le Vendée Globe.

Ce grand chelem sans faute vient parachever un programme IMOCA ambitieux lancé avec Macif il y a quatre ans. En accrochant successivement à son palmarès les mythiques tour du monde et transatlantique, François réussit, à 31 ans, un exploit digne des plus grands sportifs. Titouan Lamazou l’avait réalisé en son temps sur son monocoque en 1990. Plus récemment, Michel Desjoyeaux avait remporté dans la foulée le Vendée Globe 2000 en monocoque avant de s’emparer en 2002 de la Route du Rhum sur un multicoque.

Avec son sponsor Macif, François va désormais se concentrer sur son multicoque océanique de 100 pieds, actuellement en chantier. Une nouvelle histoire et des défis en perspective plein la tête pour un skipper hors normes.

Quel est ton premier sentiment en franchissant la ligne d’arrivée ?

François Gabart : « C’est énorme ! Je me suis donné comme jamais sur la course. Alors, je suis content du résultat, content de la façon dont je l’ai obtenu. C’était ma dernière navigation avec le bateau, je ne pouvais rêver mieux. C’est la fin d’un projet, celui que nous avions en Imoca avec la Macif, c’est la fin d’une partie de ma vie aussi avec ce bateau. Alors je voulais vivre autant d’émotions sur cette Route du Rhum que j’en avais vécues sur le Vendée Globe. Et je me suis régalé ! Il y a quatre ans, j’étais déjà là, à Pointe-à-Pitre et nous lancions un bateau Imoca. C’est énorme ! ».

Une participation au Vendée Globe, une victoire et un record. Tout est-il aussi facile que cela ?

F.G. : « Clairement non ! Ce n’est pas parce que l’on gagne, ce n’est pas parce que l’on est en tête tout le temps de la course, que la chose est facile. Les temps changent, les temps passent, je ne sais pas si cela a un intérêt de comparer les temps de traversée. Mais c’est vrai que si on m’avait dit ça il y a quatre ans, je ne l’aurais pas cru. Je cherchais la difficulté sur cette course, je l’ai trouvée. J’ai toujours dit que les premières fois restent à jamais les premières fois, quelque chose d’unique. Sur le dernier bord, je savourais, je pensais à la suite. A la fois c’est triste de quitter le bateau, mais je ferai le prochain Rhum dans quatre ans avec un multicoque qui ira vite, et ce sera une première fois ! »

Comment as-tu fait pour performer tout au long de la course ?

F.G. : « Je m’étais fixé un niveau d’exigence très élevé, j’avais mis la barre très haut. Je voulais être à fond, mentalement, physiquement. Mais en terme de pression, ce n’est pas facile. J’ai eu aussi quelques problèmes techniques dont je n’ai pas voulu parler. Je n’ai plus de spi depuis les Açores par exemple. Cela aurait pu être important ces dernières 24 heures et je ne voulais pas laisser cet espoir à Jérémie (Beyou). »

Qu’est-ce qui a fait la différence ?

F.G. « J’ai réussi à plus attaquer, je crois et cela dès le départ. J’avais confiance en mon bateau. C’est difficile à exprimer, mais c’est une sensation, un feeling que tu ressens avec lui. J’ai énormément barré depuis les Açores, plus de la moitié du temps je pense. Je n’avais plus de spi, je devais attaquer ! Surtout qu’il y avait de grandes chances pour que cela se termine poussivement… Et Jérémie était là. J’ai réussi à le distancer il y a trois jours. J’ai sans doute eu plus de réussite à un moment où nous rencontrions de gros grains. J’ai peut-être eu aussi plus de fraîcheur physique sur la fin. Personnellement, je serai incapable de faire une Solitaire du Figaro et une Route du Rhum la même année ! »

Quels ont été tes problèmes techniques durant la course ?

F.G. « Alors, la liste : j’ai eu un problème d’électronique dès les deux premières nuits. Plus de pilote, plus de compas au moment où cela tapait vraiment fort ! J’ai passé trois heures à la barre, dans le noir total et 35 nœuds de vent… Dans le bazar, ça laissait le temps de réfléchir. En croisant et recroisant des trucs, ça a fini par remarcher. Mais je pense que cela était dû aux mouvements violents du bateau. Ensuite il y a eu la galette de J3 et puis ce spi. Le front est rentré fort, je suis parti au tas. En choquant le spi, il s’est bloqué. J’ai essayé de l’affaler comme à la volée, mais cela n’a pas marché. Et c’était dangereux. Le lendemain, j’ai ouvert le gennaker, ma deuxième voile de portant. Elle s’est ouverte sur 1 mètre quand elle s’est prise dans l’outrigger. Je l’ai réparé de suite. Mais tous ces soucis, c’est la Route du Rhum ! Quand tu vas à fond la caisse, avec les contraintes qui jouent sur le bateau, c’est quelque chose de normal, qui fait partie du jeu. »

Classement IMOCA

  1. MACIF / François Gabart arrivé le 14 novembre à 18h 38 min et 55 sec. – 3542 milles en 12 jours 4 heures 38 minutes et 55 secondes, à la vitesse moyenne de 12,10 nœuds (Il a parcouru en réalité 3963 milles à 13,54 nœuds de moyenne).
  2. Maître Coq / Jérémie Beyou à 36.6 milles de l’arrivée
  3. Safran / Marc Guillemot à 175.1 milles de l’arrivée

Tags sur NauticNews : Route du Rhum, François Gabart, MACIF, IMOCA

– CP –

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