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Barcelona World Race : Vers un duel Pacifique?

Le premier, reparti hier d’Invercargill, ultime port d’accueil avant la grande traversée du Pacifique, a rongé son frein. Pendant de longues heures, Guillermo Altadill et José Muñoz ont patiné sur les chemins qui doivent les mener jusqu’à l’autoroute du train dépressionnaire situé dans leur sud. Au cœur de l’été aux antipodes, un anticyclone a pris ses quartiers favorisant des petits airs qui les ont ralentis à l’entame de leur nouveau départ. De son côté, profitant de sa position décalée à l’ouest et des vents favorables qui l’accompagnent depuis plus de 48 heures, GAES Centros Auditivos est revenu en force dans le classement.

De trois jours à quatre heures ?

330 milles hier, 100 aujourd’hui : les relevés des positions qui se suivent en témoignent. L’écart entre les deux bateaux fond comme neige sous anticyclone austral. Pourtant, le dernier classement révèle aussi que le duo hispano-chilien semble en avoir fini avec les calmes. De premiers signes indiquent qu’il gagne progressivement de la vitesse, pressé d’ouvrir les voiles et d’accélérer pour tenir des moyennes proches de celles affichées par ses poursuivants. Les routages ne s’y laissent pas tromper. A l’aune du passage de l’antiméridien, ils confirment bien que l’élastique se resserre entre ces deux grands animateurs de la course. Neutrogena y est attendu demain lundi en début de soirée ; GAES Centros Auditivos environ quatre heur es plus tard. Rappelons qu’Anna Corbella et Gerard Marin concédaient trois jours de retard au cap Leeuwin.

Bien accroché dans la roue de GAES Centros Auditivos, Renault Captur n’est pas en reste dans cette bataille pour les places d’honneur. Sébastien Audigane et Jörg Riechers, toujours très à l’écoute de leur bateau, ont volontiers passé la vitesse supérieure la nuit dernière pour reprendre du terrain. Au regard des mésaventures rencontrées par Neutrogena, la vigilance et la prudence restent les lignes de conduite du bord. Pourtant, force est de constater que la perspective de se mêler à la bataille pour le podium donne du cœur à l’ouvrage à l’heure d’entamer la dernière ligne droite, ou presque, vers le cap Horn. D’après les routages, le duo germano-français concèderait un peu plus d’une demi-journée de mer sur son prédécesseur au passage de la longitude 180, et moins d’une journée sur les deux co-skippers de Neutrogena.

Sea, Sud and Sun… ou dépression subtropicale ?

Plus en arrière, ce dimanche dans l’océan Indien tient toutes ses promesses. Du vent, des conditions de glisse idéales, et quelques rayons de soleil en approche du cap Leeuwin pour One Planet, One Ocean & Pharmaton. Après avoir essuyé cette semaine leur première tempête australe, Aleix Gelabert et Didac Costa ne boudent pas leur plaisir de goûter à une pause dominicale bien méritée dans cette univers qui reste froid, humide et hostile.

Un break et un moment de répit qu’ont connus hier les imperturbables leaders de la course dans des vents plus légers,. Mais comme prévu et annoncé par les fichiers, les co-skippers de Cheminées Poujoulat n’ont pas tardé à vite retrouver un peu de vitesse. Dès ce soir, ils vont de nouveau faire le dos rond au passage d’une dépression subtropicale qui leur promet une nuit agitée dans des vents de sud-sud-est (35 nœuds dans les rafales) et une mer très formée. Le Grand Sud reprend ses droits…

Classement 14 H TU :

  1. Cheminées Poujoulat (B Stamm – J Le Cam) à 10 278 milles de l’arrivée
  2. Neutrogena (G Altadill – J Muñoz) à 1 118 milles
  3. GAES Centros Auditivos (A Corbella – G Marin) à 1 217 milles
  4. Renault Captur (J Riechers – S Audigane) à 1 465 milles
  5. We Are Water (B Garcia – W Garcia) à 2 534 milles
  6. One Planet One Ocean & Pharmaton (A Gelabert – D Costa) à 3 285 milles
  7. Spirit of Hungary (N Fa – C Colman) à 3 981 milles

Ils ont dit

Sébastien Audigane (Renault Captur) : « Ces dernières heures, on était au reaching avec pas mal de vent, jusqu’à 27 nœuds, cela nous a permis de raccrocher un peu. Il y a deux-trois jours, on pensait que GAES s’arrêterait un peu plus que nous.  Cela n’a pas été le cas ; et finalement, depuis 24 heures, on a bien regagné. Là, ça va se stabiliser, le vent va adonner et on va bientôt progresser à des vitesses similaires.
C’est dommage que Neutrogena ait dû faire escale, ils ont fait une belle course jusqu’à présent. Mais cela prouve que tout le monde peut avoir des soucis techniques, on en a tous à un moment ou un autre. Sur le plan de la course, ça nous arrange évidemment, cela fait un concurrent de plus aux alentours de GAES, qui n’est quand même pas très, très loin. C’est une opportunité pour nous de nous rapprocher encore un plus du podium. »

Aleix Gelabert (One Planet One Ocean & Pharmaton) : « Actuellement, nous avons 18-20 nœuds d’Ouest. Nous avons quelques rayons de soleil et nous profitons pour la première fois d’un coucher de soleil depuis plusieurs semaines. La nuit prochaine, nous devrions passer le cap Leeuwin, ce sera notre deuxième grand cap sur cette Barcelona World Race, nous en sommes très contents.

C’est une expérience incroyable de barrer un IMOCA à plus de 20 nœuds, c’est un tel plaisir, de telles sensations sur les vagues et la grande houle du sud. A l’intérieur, c’est un peu plus inconfortable. Cela bouge dans tous les sens, il est très difficile de tenir debout ou de rester en position. »

Crédit Photo : Gilles Martin-Raget

Tags sur NauticNews: Barcelona World Race, Open 60 IMOCA

– CP –

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