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VG2020 : Alan Roura (La Fabrique), 17e du Vendée Globe !

Ce jeudi 11 février à 20 heures 29 minutes et 56 secondes (heure française), Alan Roura a franchi la ligne d’arrivée des Sables-d’Olonne en 17e position après 95 jours, 06 heures, 09 minutes et 56 secondes de course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Le skipper de La Fabrique et benjamin de la course, qui n’a pas été épargné par les soucis techniques, boucle ainsi son 2e Vendée Globe consécutif.

L’AMBIANCE

Le marathon des arrivées continue. Et quinze jours après le dénouement de ce Vendée Globe, la même effervescence est palpable sur les pontons. Après l’arrivée d’Arnaud Boissières et Kojiro Shiraishi dans la matinée, c’est Alan Roura qui débarque alors que la nuit est tombée. Jusqu’au bout, le skipper de La Fabrique s’est accroché pour arriver en début de soirée et profiter de la marée pour pouvoir amarrer. Il n’aura finalement pas cette opportunité-là, le chenal étant fermé depuis 20h00, mais l’émotion est forcément palpable : benjamin du Vendée Globe pour la deuxième fois consécutive, il peut savourer, retrouver sa femme et son nourrisson, tout en goûtant au plaisir d’être allé au bout et d’avoir résisté à tout.

LA COURSE D’ALAN

Les embruns, le clapot, les vagues qui cognent contre la coque, les caps à suivre… Cette existence en mer, Alan Roura la vit depuis son plus jeune âge. Première sortie sur le lac Léman à 2 ans, premiers bords en Optimist à 6 ans puis un voyage sur l’eau en famille. Il avait 8 ans, il y est resté 11 ans. Suffisamment pour se sentir « enfant du monde », pour tout vivre en mer – les moments de joie, de doutes, Noël et les anniversaires – et croiser un jour des skippers partis faire la Mini-Transat, voir leurs mines réjouies et avoir envie de goûter à la même expérience.

Une résistance rare quand le sort s’acharne

Ce baptême du feu, Alan le vit à son tour en 2008 avant de découvrir la Route du Rhum (2014), la Transat Jacques Vabre (2015, 10e) puis une première édition du Vendée Globe à 23 ans, faisant du Suisse le plus jeune marin de l’histoire à y participer. Il n’apprécie pas être considéré seulement comme un aventurier et son record de l’Atlantique Nord en solitaire (7 jours 16 heures) l’an dernier, était là pour étayer sa dimension de compétiteur. Mais Alan est surtout un dur au mal, capable d’une résistance rare même quand le sort s’acharne contre lui. Il y a quatre ans, le skipper percutait un Ofni à proximité du point Nemo, réparait son safran malgré 45 nœuds de vent, puis le winch de son mât s’arrachait dans l’Atlantique. Pourtant, il parvenait à boucler la boucle (12e) avec un bateau qui avait tenté, mais n’avait encore jamais fini le Vendée Globe.

Pour cette édition 2020, Alan a la volonté de faire mieux, d’être dans la bagarre avec le premier tiers de la course. Sauf que Neptune et Éole n’avaient pas vraiment prévu une descente paisible de l’Atlantique. Les fronts s’enchaînent dans les premiers jours avant la dépression intertropicale Thêta qui balaie l’Atlantique. Le skipper de La Fabrique dit tout, notamment sur ses doutes : « Parfois, je me demande ce que je fais là », confie-t-il un jour. Mais il tient bon. Fin novembre, Alan fait face à une importante fuite d’huile. « À chaque mouvement de la quille, il y a de l’huile qui gicle ». Les réparations sont difficiles, de l’huile a été projetée partout, et Alan fond en larmes. Il sait aussi que, malgré lui, les écarts se creusent déjà.

Un tour du monde « en mode survie »

Le compétiteur, qui s’est préparé à jouer les premiers rôles et croyait en son étoile, doit vivre avec le poids de cette déception. « J’ai au fond de moi une part de tristesse que j’ai du mal à accepter », explique-t-il au sud de Madagascar. L’entrée dans le Pacifique, le 25 décembre, ne lui réserve pas de cadeaux : le lendemain, il est victime d’une nouvelle fuite d’huile. Nouvelle session de bricolage, nouveau coup de chaud. Alan met plus de 12 heures pour que le système hydraulique de quille soit de nouveau opérationnel. Ensuite, il doit monter au mât, bricoler son hydrogénérateur et toujours veiller à ces problèmes de quille. Il n’est plus question de faire une course. « Je suis en mode survie », concède Alan.

La remontée de l’Atlantique n’est pas tranquille non plus : la météo fait des siennes. Et face aux difficultés, Alan résiste et ses mots sont ceux d’un homme qui a tant enduré qu’on en oublierait presque qu’il n’a que 27 ans. « Mes camarades ont sûrement eux aussi leurs soucis, mais j’ai vraiment l’impression que ma situation est la pire possible. Je vis vraiment ce Vendée Globe comme un test mental et physique ».

Ces derniers jours, les raisons de se réjouir auront été un peu plus nombreuses. À l’approche de l’arrivée, il y a un tel match avec Stéphane Le Diraison qu’ils se retrouvent bord à bord durant les dernières 48 heures. « Ça ajoute du piment, c’est vachement cool », souligne Alan.

La situation replonge les deux skippers deux ans avant, quand seulement 4 minutes et 43 secondes les avaient séparés sur la ligne d’arrivée de la Route du Rhum. Ce match-là, Alan l’avait gagné et il en a fait de même dans ce Vendée Globe. S’il n’a pas été épargné par les galères tout au long de son tour du monde, le Suisse l’a bouclé une deuxième fois consécutive et c’est un exploit en soi, avant de se reprendre à rêver plus grand.

LES STATISTIQUES DE ALAN ROURA / LA FABRIQUE

Il a parcouru les 24 365,74 milles du parcours théorique à la vitesse moyenne de 10,66 nœuds

Distance réellement parcourue sur l’eau : 28 603,29 milles à 12,51 nœuds de moyenne

LES GRANDS PASSAGES

  • Equateur (aller) – 18e le 20/11/2020 à 14h53 UTC après 12j 01h 33min de course, 2j 01h 34min après Alex Thomson (HUGO BOSS)
  • Cap de Bonne-Espérance – 14e le 06/12/2020 à 14h38 UTC après 28j 01h 18min de course, 5j 15h 27min après Charlie Dalin (Apivia)
  • Cap Leeuwin – 15e le 21/12/2020 08h13 UTC après 42j 18h 53minde course, 7j 20h 47min après Charlie Dalin (Apivia)
  • Cap Horn – 15e le 11/01/2021 13h01 UTC après 63j 23h 41min de course, 8j 23h 18min après Yannick Bestaven (Maître CoQ IV)
  • Équateur (retour) – 16e le 27/01/2021 14h58 UTC après 80j 01h 38min de course, 10j 19h 46min après Louis Burton (Bureau Vallée 2)

Son bateau

Architecte : Finot – Conq
Chantier : Multiplast
Mise à l’eau : 2007

Tags sur NauticNews : Vendée GlobeVG2020, Alan Roura

– CP –

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