NauticNews

Transat Jacques Vabre : Un trio en bataille jusqu’au bout

Class 40 ZETRA, skippers Eduardo Penid (BRA) and Renato Araujo (BRA), 6th place during the Transat Jacques Vabre sailing race arrivals on november 18, 2015 in Itajai, Brazil - Photo Jean Marie Liot / DPPIDerrière Zetra, le Class40 brésilien arrivé en pleine nuit dimanche, trois équipages se sont succédés ce lundi à quelques heures d’intervalle ! La bagarre pour l’octroi des places de septième à neuvième a été intense dès le Pot au Noir, soit depuis plus de dix jours… Il ne reste donc plus que deux équipages en mer.

Il aura donc fallu attendre les derniers milles pour connaître le classement du trio Groupe Sétin, SNBSM-Espoir Compétition et Concise 2 ! Car depuis plus de 2 000 milles, ces trois duos sont au contact et ne se sont jamais lâchés, que ce soit dans les alizés de sud est, à Recife où l’écart n’était que de dix milles entre ces trois Class40, lors de la grande descente le long du Brésil, au Cabo Frio avec à peine huit milles d’écart, et dans le golfe de Rio… C’est en se décalant très légèrement plus au nord que Manuel Cousin et Gérald Quéouron ont pu faire la différence pour l’octroi de la septième place, à seulement sept heures et demie du voilier brésilien. Et derrière Groupe Sétin, les deux femmes de Concise 2 (Phillippa Hutton-Squire et Pip Hare) ne se sont inclinées que d’une demie heure derrière SNBSM-Espoir Compétition (Valentin Lemarchand & Arthur Hubert) !

Il ne reste donc plus que deux équipages encore en mer, Club 103 (Alan Roura et Juliette Pêtrès) et Creno-Moustache Solidaire (Thibault Hector et Morgan Launay), ces deux Class40 ayant dû faire une escale technique prolongée, le premier à Lorient pour réparer son bout dehors et le second à La Corogne pour changer de barre de flèche… Avec seulement 140 milles d’écart, les deux duos naviguaient ce lundi après-midi au large de Vitoriá et devraient aborder le front orageux du Cabo Frio dès demain mardi. Même si déjà la brise est plutôt volage et instable à 800 milles de l’arrivée à Itajaí… Ils sont attendus en fin de semaine et ils devraient en finir avant la fermeture de la ligne, dix jours après l’arrivée du premier Class40.

Ils ont dit…
Philippa Hutton-Squire, skippeuse de Concise 2 (Class40)

« Nous sommes très heureuses du résultat, nous avons bien travaillé ensemble et nous avons bien apprécié ! C’était une bonne course, très longue mais vraiment bien ! »

Pip Hare, co-équipière de Concise 2 (Class40)

« Oui, c’était super, même si nous avons fait quelques erreurs ! Et de s’être confrontées si près des concurrents pendant des semaines et de finir si proches, c’est génial… Il y a toujours une prochaine fois pour faire mieux. C’était très long, très dur ! Nous avons passé beaucoup de temps à la barre, parce que le pilote marchait beaucoup trop mal sur bâbord. Je crois que nous avons passé une semaine à barrer continuellement et ça nous a fatigué. C’était dur pour les deux. Quand tu barres continuellement, il n’y a pas de temps pour converser, pour discuter de la course ou pour faire d’autres choses. »

Class 40 Groupe Setin, skippers Manuel Cousin (FRA) and Gerald Queouron (FRA), 7th place during the Transat Jacques Vabre sailing race arrivals  on november 23, 2015 in Itajai, Brazil - Photo Jean Marie Liot / DPPI

Manuel Cousin, skipper de Groupe Sétin (Class40)

« Nous avons eu une belle bagarre avec nos amis brésiliens, les filles de Concise 2 et SNBSM depuis les Canaries : ça a pu occuper les journées, et c’était vraiment cool ! On a un superbe bateau : franchement la première semaine, nous avons eu des chocs et nous pensions que ça n’allait jamais tenir mais nous n’avons rien cassé sur le bateau, c’est top ! On a gardé le sourire, on est content de l’avoir fait même si nous n’avons pas toujours été en accord sur les décisions. Quand on prépare une Transat, on est chez nous au mois de septembre-octobre : il fait froid donc on pense froid. C’est comme pour les vêtements, nous avons pris plein de fringues chaudes, alors qu’on a eu chaud tout le long sauf lors de la première semaine ! Nous sommes partis du Havre en short tee-shirt et on arrive au Brésil en salopette… »

Gérald Quéouron, co-équipier de Groupe Sétin (Class40)

« Vraiment contents d’être arrivés : c’était le yoyo avec les deux autres bateaux ! Tout n’a pas été rose mais dans l’ensemble on a gardé le sourire. Nous étions très occupés, on a dû sauter une dizaine de repas. La météo n’était pas facile, c’était long, avec des orages, des grains, des bords que tu entames et ça se termine par du refus. »

Class 40 SNBSM Espoir Competition, skippers Valentin Lemarchand (FRA) and Arthur Hubert (FRA), 8th place during the Transat Jacques Vabre sailing race arrivals  on november 23, 2015 in Itajai, Brazil - Photo Jean Marie Liot / DPPI

Valentin Lemarchand, skipper de SNBSM-Espoir Compétition (Class40)

« On y a cru jusqu’à la fin, on devinait notre position car depuis une semaine nous n’avions plus d’ordinateur, de météo et de positions. Nous ne sommes pas trop fatigués. La première semaine est un peu compliquée car nous avons eu pas mal de problèmes techniques dont principalement la drisse de trinquette qui est tombée après 10 heures de course. Notre génois a lâché à la pointe bretonne donc nous avons quasiment fait toute la première semaine sous tourmentin et on allait beaucoup moins vite que les autres. Après ce fut plutôt cool, on a eu quelques « Pot au Noir », le vrai n’étant pas le plus dur. A la fin, c’était sympa de jouer contre les gars du Groupe Sétin et les filles de Concise. C’est quand même mieux quand tu es à côté d’autres bateaux que quand tu es tout seul. »

Arthur Hubert, co-équipier de SNBSM-Espoir Compétition (Class40)

« Après la première semaine, les problèmes ont continué : le rail de grand-voile nous a forcé à nous arrêter. La grand-voile s’est arrachée du rail au niveau de la deuxième barre de flèche. La grand-voile partait en arrière : on ne pouvait plus la remonter, si on la descendait elle était hors du rail. C’est pour cela que nous avons fait une escale de douze heures à Madère. Il ne nous reste pas grand-chose à manger, 2 -3 barres de céréales et 4 litres d’eau. L’hydrogénérateur ne marche plus, il doit nous rester 3-4 litres de gasoil. Pour économiser on passait beaucoup de temps à la barre. »

Arrivée des Class40 de la Transat Jacques Vabre 2015


1-Le Conservateur (Yannick Bestaven & Pierre Brasseur) en 24j 08h 10’ 09’’ (10,21 nœuds de moyenne sur l’eau).
2-VandB (Maxime Sorel & Samuel Manuard) en 24j 10h 04’ 31’’ (10,19 nœuds de moyenne) à 1h 54’ 22’’ du premier.
3-Carac-Advanced Energies (Louis Duc & Christophe Lebas) en 25j 21h 29’ 52’’ (9,60 nœuds de moyenne) à 1j 13h 19’ 43’’ du premier.
4-Solidaires en peloton-ARSEP (Thibaut Vauchel-Camus & Victorien Erussard) en 26j 09h 34’ 00’’ (9,48 nœuds de moyenne) à 2j 01h 23’ 51’’ du premier.
5-TeamWork40 (Bertrand Delesne & Nils Palmieri) en 26j 22h 25’ 45’’ (9,42 nœuds de moyenne) à 2j 14h 15’ 36’’ du premier.
6-Zetra (Eduardo Penido & Renato Araujo) en 28j 10h 37 ’30’’ (9,01 nœuds de moyenne) à 4j 02h 27’ 21’’ du premier.
7-Groupe Setin (Manuel Cousin & Gérald Quéouron) en 28j 18h 08’ 10’’ (8,66 nœuds de moyenne) à 4j 09h 58 ’01’’ du premier.
8-SNBSM Espoir Compétition (Valentin Lemarchand & Arthur Hubert) en 28j 19h 14’05’’ (8,80 nœuds de moyenne) à 4j 11h 03’56’’ du premier.
9-Concise 2 (Phillippa Hutton-Squire & Pip Hare) en 28j 19h 48’20’’ (8,57 nœuds de moyenne) à 4j 11h 38’ 11’’ du premier.

Crédit Photo : JM Liot / DPPI

Tags sur NauticNews: Transat Jacques Vabre, Class40, Multi50, Imoca

CP-

Articles de la même catégorie

Commentaires

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont marqués *

19 − neuf =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.