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PRB, deuxième et Charal, troisième de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre en IMOCA.

Ce dimanche 10 novembre, à 17h 04mn 42s (heure française), Kevin Escoffier et Nicolas Lunven ont franchi la ligne d’arrivée de la 14e édition de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre en deuxième position de la catégorie IMOCA. Le duo aura mis 14 jours 03h 49mn et 42s pour parcourir les 4 350 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 12,84 nœuds, mais il a réellement parcouru 5035 milles à 14,82 nœuds. Son écart au premier Apivia est de 15h 41mn 42s.

Ils disaient viser le podium et c’est chose faite, de très belle manière. Au terme d’un match-racing d’anthologie au large des côtes brésiliennes, Kevin Escoffier et Nicolas Lunven terminent deuxième d’une course qu’ils ont contribué à animer du début à la fin. Et ce n’est pas une surprise. S’ils n’ont pris en main l’ancien IMOCA de Vincent Riou qu’au mois d’août, le binôme n’a eu aucune difficulté à trouver immédiatement les manettes de PRB. Réputé le plus léger des IMOCA, ce plan VPLP-Verdier de 2009 très polyvalent avait été remis à niveau en 2018 par l’adjonction de foils de belle envergure.

Dès le départ, PRB démontre qu’il faudra compter avec lui, même si la deuxième nuit de course occupe presqu’à plein temps Kevin, troquant le ciré pour la blouse de mécano afin de réparer le dessalinisateur défectueux. Mais PRB tient la cadence et monte en puissance au louvoyage dans le golfe de Gascogne et le long de l’Espagne pour prendre la tête toute la journée du 30. Pendant la réparation, le plomb du moteur a malheureusement sauté. Kevin Escoffier et Nicolas Lunven écopent d’une pénalité d’1 h 30 et choisissent l’entrée dans les hautes pressions pour effectuer leur réparation. Une parenthèse qui les décroche un peu d’Apivia et Charal.

Rétrogradés en sixième position, le duo cravache dans l’alizé avec une trace très économe en milles et se retrouve dans la roue d’Apivia en troisième position à l’entrée du Pot-au-noir. Il ressort troisième après l’arrêt buffet de Charal, double logiquement Banque Populaire qui s’est intercalé, résiste aux assauts d’ 11th Hour Racing mais voit revenir dans son rétroviseur le foiler noir. L’explication se termine par une bataille d’empannages d’anthologie à l’approche de la Baie de Tous les Saints. Dans la chaleur brésilienne, c’est un spectacle de très haut niveau qu’offrent les deux équipages qui ne lâchent rien malgré deux semaines de course éreintante.

La belle série continue donc pour Kevin Escoffier qui a trouvé en Nicolas Lunven le stratège et le performer qu’il attendait. Deuxième de la Rolex Fastnet Race, deuxième du Défi Azimut, deuxième à Salvador de Bahia, difficile de faire plus régulier…

Charal, troisième de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre en IMOCA

Ce dimanche 10 novembre, à 17h 11mn 01s (heure française), Jérémie Beyou et Christopher Pratt ont franchi la ligne d’arrivée de la 14e édition de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre en troisième position de la catégorie IMOCA. Le duo aura mis 14 jours 03h 56mn et 00s pour parcourir les 4 350 milles théoriques depuis Le Havre à la vitesse moyenne de 12,83 nœuds, mais il a réellement parcouru 5116 milles à 15,05 nœuds. Son écart au premier Apivia est de 15h 48mn 00s.

Cette Route du café devait être la sienne. Mis à l’eau juste avant la Route du Rhum en 2018, Charal est le pionnier d’une nouvelle génération, premier foiler à parier sur le vol intégral en monocoque IMOCA. Jérémie Beyou et Christopher Pratt ont passé un an de travail méthodique et acharné à le mettre au point pour acquérir les nouveaux automatismes que suppose la voltige. Au Havre, l’état de confiance et de préparation du bateau est à son maximum. Jérémie Beyou est dans une spirale positive avec deux victoires en avant-saison et il a trouvé en Christopher Pratt son alter égo.

Pourtant, le début de course n’est pas aussi percutant que l’aurait souhaité le tandem. La faute à un départ timide et surtout à une certaine indécision lorsqu’il faut choisir entre les options Ouest et Sud. Avec son statut de favori, Charal est celui qui joue le plus gros lorsque tout le monde lance sa pièce en l’air après Ouessant. Finalement, il laisse s’échapper dans l’ouest cinq concurrents et rejoint avec raison le gros des troupes au Sud. Le 1er novembre à la sortie de la dorsale, il reprend la tête, abandonnée le 29 pour ne plus la lâcher jusqu’au fameux Pot-au-noir. « C’était le maître du jeu » reconnaissait dans la nuit bahianaise Yann Eliès à l’arrivée victorieuse d’Apivia. En quatre jours de navigation dans l’alizé de nord-est, Charal accumule 120 milles d’avance sur son plus sérieux poursuivant et semble intouchable.

On connait pourtant la suite. Pris au lasso dans les tourbillons du Pot-au-noir, le foiler est impuissant et voit revenir toute la flotte sur lui. La victoire échappe à Charal ici, au terme de trois jours d’enfer pour Jérémie et Christopher : « On a balisé le terrain pour tous ceux qui sont arrivés derrière, c’était du pain béni pour eux, ils n’avaient qu’à se décaler vers l’est pour ne pas rester bloqués. Il y avait un décalage en latéral d’une quinzaine de milles, eux sur l’autoroute et toi, sur la départementale, avec le prochain embranchement très loin. On a coupé les classements, parce que ce n’est pas humain, ça devenait insupportable. » Le 8 novembre finalement, Charal ressort du Pot-au-noir en sixième position. Il a perdu 400 milles dans l’affaire… punition rare dans les annales de la course au large.

Epilogue : Jérémie qui regrettait que la première partie de la course n’ait pas offert les conditions rêvées au foilers, trouve dans l’alizé de sud-est de quoi se remotiver et s’exprimer. En mauvaise position dans l’ouest de la flotte, Charal remonte pourtant un par un tous les concurrents encore à sa portée. Il démontre une fois de plus qu’il est au-dessus du lot… jusqu’à buter sur PRB qui ne lui laisse pas la porte ouverte et contient ses assauts jusqu’à la ligne d’arrivée. Charal n’est certes pas à la place qu’il espérait. Mais il complète brillamment et dans un ordre différent le podium le plus souvent cité au départ de cette 14ème Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre.

Crédit Photo : JM Liot / Alea

Tags sur NauticNews : Transat Jacques Vabre, TJV, IMOCA

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