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TJV : Chassé-croisé dans l’Atlantique sud

Les nombreux IMOCA qui repartent ces jours-ci en convoyage retour sur l’Atlantique vont croiser sur leur route les sept derniers Class40 encore en course. Iskareen est attendu en début de nuit, E.Leclerc demain à midi et il faudra patienter jusqu’au 19 novembre pour accueillir Kerhis et #AttitudeManche. Up Sailing-Unis pour la planète qui est à leur niveau a quant à lui percuté ce matin une barque de pêche et continue à vitesse réduite vers Salvador de Bahia. A plus de 700 milles de l’arrivée, Equipe Voile Parkinson et Terre Exotique ferment la marche et ont encore quatre jours de mer devant l’étrave…

7 Class40 toujours en course – Belle frayeur pour Up Sailing Unis pour la planète.
Voilà plus de trois semaines qu’ils sont en mer. Pour les sept derniers concurrents en catégorie Class40, les 4350 milles qui séparent Le Havre de Bahia n’en finissent pas de s’allonger. La position au classement final compte moins pour ces équipages amateurs que de terminer cette aventure initiatique. Les 14 marins encore en course ont en commun d’être tous des bizuths de la Route du café et certains s’élançaient du Havre pour leur première grande traversée. Ils sont bravé l’Atlantique à leur rythme, se sont parfois arrêté (Equipe Voile Parkinson à Madère), évoluent sur des bateaux anciens (Terre Exotique est le premier Class40 mis à l’eau en 2003) et n’ont pas été ménagés par les caprices d’Eole. A son arrivée hier, Christophe Fialon (Prendre la mer, Agir pour la forêt) comparait son Pot-au-noir « à un simple orage méditerranéen, traversé en 20 heures ». Rien à voir avec les trois jours de zig-zag sous les grains, vécus par le trio de concurrents Up Sailing-Unis pour la planète, Kerhis et #AttitudeManche. Ces trois-là s’empoignent depuis le Pot-au-noir et se tiennent encore en 25 milles au large de Recife. La mauvaise nouvelle du jour venait de Up-sailing Unis pour la planète. A 9 heures ce matin, le Class40 de Morgan Ursault Poupon et Rémi Lhotellier a percuté une barque de pêche. Il n’y a pas de voie d’eau mais la crash box de leur plan Rogers est endommagée et le bout dehors arraché… « J’étais à l’intérieur et Rémi est descendu charger un fichier météo. Avec la houle, les petites barques sont très difficiles à repérer et nous en avons percuté une. C’est un coup au moral mais il n’y a pas de blessé. C’est frustrant mais nous continuons la course jusqu’à Salvador de Bahia » indiquait ce midi Morgan à la vacation.

Histoires de familles
Pendant ce temps, la salve de duos arrivés hier à Salvador de Bahia refait la régate sur la terrasse du Terminal Nautico qui surplombe les pontons. Effusions et embrassades vont bon train et le flot de paroles d’Yves et Renaud Courbon à l’arrivée de A chacun son Everest, couvrait difficilement leur émotion. Pendant que les deux frères tombaient dans les bras l’uns de l’autre, le troisième, Gilles, amarrait le bateau. « Dans deux ans, ce sera à son tour. C’est vraiment une aventure qu’il faut vivre » racontait Renaud qui avait eu la belle surprise de retrouver dans la Baie de Tous les Saints un autre (très) proche : « Voir mon fils Tual qui régate ici en Optimist venir à ma rencontre dans la baie avec son entraîneur, c’était un moment extraordinaire »

L’équipage de Prendre la mer, Agir pour la forêt avait aussi des trémolos dans la voix en évoquant sa course en duo : « On se met dans des états terribles si on veut vraiment faire avancer le bateau. La course en double sur un parcours aussi long, se soutenir, être attentif à l’autre, se marrer ensemble, parfois c’était presque nerveux, c’est génial ! » 14ème au général, ce tandem termine premier Class40 « vintage », une sous catégorie qui ne compte pas dans le classement officiel mais démontre que la course océanique à bon niveau reste accessible chez ces monocoques de 12 mètres.

Retours en mode course
Lorsque les prochains concurrents seront en approche de la Baie de Tous les Saints, ils risquent de croiser sur l’horizon les grandes voiles à corne de leurs cousins IMOCA de retour vers l’Europe. Si certains rentrent en cargo ou en équipage, beaucoup de concurrents de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre choisissent le convoyage retour pour s’entraîner en solitaire. C’est ainsi que Charlie Dalin (Apivia) et Sébastien Simon (Arkea Paprec) sont partis dès vendredi pour un face à face avec leur foiler. Ce midi, c’était au tour de Clarisse Crémer (Banque Populaire) de s’élancer pour son baptême de l’IMOCA en solitaire.

Benjamin Dutreux devra lui attendre plus longtemps. Percuté par un bateau de plaisance, son Water Family nécessite une importante réparation sur le flanc tribord. Les teams encore présents s’affairent dans un bel élan de solidarité pour que Benjamin puisse reprendre la mer dans des conditions satisfaisantes.

Ils ont dit
VMorgan Ursault-Poupon- Up Sailing-Unis pour la planète (Class40)
Il était 9 heures ce matin, moi j’étais en train de dormir à l’intérieur et Rémi prenait son quart, il venait de rentrer à l’intérieur pour prendre un fichier météo et on a percuté ce petit bateau de pêche, il était au ras de l’eau et on ne les voit pas. On a un gros trou au niveau de l’étrave et le bout dehors est arraché. Nous n’avons pas de voie d’eau. Le pêcheur était accompagné par deux autres bateaux, il n’est pas tout seul, on continue, on est toujours en course… Les conditions et la houle se sont calmées, il y a 15 nœuds de vent, nous sommes sous génois, on a perdu 3 à 4 nœuds de moyenne suite à ce choc. On est entre 7 et 8 nœuds, c’est bon coup de frein à main, mais il n’y a pas de blessé, rien de grave. J’étais sur le pouf, il y a quelques trucs qui ont volé, le choc a été violent. Les conditions vont être relativement calme jusqu’au Salvador, c’est le moral qui en a pris un coup , c’est très frustrant mais rien de dramatique.

Pierrick Letouzé E.Leclerc (Class40)
Ça se passe bien, il fait chaud. On a un peu de vent au portant, on va assez vite vers Salvador. On a hâte d’arriver ! On est super content, on a eu quelques galères à bord surtout avec la perte du grand spi mais on a appris plein de chose, on a hâte de vous raconter tout ça en arrivant. On prévoit un peu de molle en fin de nuit, donc on pense arriver demain dans l’après-midi. Le pot-au-noir a été très difficile ! Parfois avec les grains ça montait à 30 nœuds !

Tags sur NauticNews : Transat Jacques VabreTJVClass40Multi50Imoca
– CP –

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