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Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2018 : Paul Meilhat (SMA) vainqueur en IMOCA

Paul Meilhat a franchi la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre ce vendredi à 20 h 23 ‘ 18 s (heure de Guadeloupe) après 12 jours, 11 heures, 23 minutes et 18 secondes de course, à 11,83 nœuds de moyenne (sur l’orthodromie). Au total, il a parcouru 4451 milles à la moyenne de 14,87 nœuds (sur l’eau).

Compte tenu de la pénalité de 24 heures infligée par le jury international à Alex Thomson (Hugo Boss) pour avoir démarré son moteur cette nuit suite à son échouement, c’est bien Paul Meilhat qui remporte cette 11ème Route du Rhum-Destination Guadeloupe chez les IMOCA.

La course de Paul Meilhat : Le talent et la ténacité.

Au départ de Saint-Malo, Paul Meilhat est souvent cité comme outsider, candidat au podium plus qu’à la victoire. Il part en effet sur SMA, plan VPLP-Verdier 2010 au palmarès éloquent *, mais qui a conservé des dérives droites et rend à certaines allures deux à trois nœuds aux foilers. C’est aussi la dernière course de Paul avec son partenaire et le marin sait que finir sur une bonne note serait le meilleur accessit pour un nouveau projet Vendée Globe…
Il faut croire que le cocktail talent-motivation a permis au skipper de trouver les solutions pour se hisser aux avant-postes et s’y accrocher, lui qui fut douze jours durant le meilleur concurrent d’Alex Thomson. Au départ de Saint-Malo, il partage d’ailleurs avec Alex une caractéristique essentielle, celle de cumuler le plus de milles sur son bateau, pris en mains il y a quatre ans. Mais contrairement au Britannique, Paul qui avait été malchanceux au dernier Vendée Globe (abandonné sur casse alors qu’il était troisième), a déjà gagné des courses en IMOCA (Monaco Globe Series en 2018 notamment) ce qui n’est jamais mauvais pour la confiance…

Grosse intensité

D’emblée dans le match, le début de course convient plutôt bien à Paul. Il s’accroche au paquet en Manche sur un long bord de reaching qui ne fait pas son affaire et trouve les bons décalages après Ouessant pour traverser la petite dépression qui barre la route le lendemain du départ. Alors que Yann Eliès et Jérémie Beyou se laissent piéger dans la nasse – vent faible et grosse houle – Paul parvient à glisser et s’accroche à la roue de Vincent Riou. Pendant deux jours, c’est un match à deux que se livrent SMA et PRB, leaders du Sud quand Thomson est parti dans l’Ouest. Leur trace se confond souvent sur la cartographie, avec un léger avantage au foiler. Au large du Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, après le passage du fameux front froid, Paul Meilhat prend l’ascendant. SMA colle 25 milles en 4 heures à PRB. Il s’est nécessairement passé quelque chose. Les supputations vont bon train sur les foils de PRB et on sait depuis que l’électronique faisait déjà défaut à ce moment de la course à Vincent qui révèlera peut-être demain d’autres secrets de sa course…

Toujours est-il que Paul Meilhat se sent pousser des ailes. Son avance culmine à 35 milles le jeudi au large de Lisbonne alors qu’Alex Thomson a décidé de rejoindre les deux leaders Sudistes. Le bilan de la première semaine est remarquable pour SMA. Si Paul Meilhat a su tenir la cadence dans la grosse brise et au reaching, prédominants sur cette première partie du parcours, tous les espoirs sont permis pour son bateau à dérive maintenant que la descente au portant s’annonce. Pourtant le skipper n’est pas bien optimiste. Aux vacations où raisonne dans sa voix l’usure d’une course intense, il explique « Au portant quand ça va monter, Alex peut me coller 300 milles d’ici l’arrivée » C’est à peine exagéré. Force est de constater qu’Hugo Boss creuse son avance à chaque classement, lui qui n’avait qu’un matelas de 20 milles sur Meilhat au moment de recroiser au large de Madère.

Devant Eliès et Riou

Mais la motivation ne s’émousse pas pour autant. Le skipper de SMA continue de repousser la menace PRB qui s’effiloche dans les grains et lorsque Yann Eliès attaque par le Sud et se rapproche, Paul ne craque pas. Il maintient toujours une cadence très élevée, y compris autour de l’île lorsque UCAR-StMichel se rapproche dangereusement sous le vent de Basse-Terre. Meilhat contrôle, toujours placé entre son poursuivant et l’arrivée et fait preuve de la maîtrise acquise en Olympisme et en Figaro Bénéteau dans ses jeunes années.
Avant le départ, il nous confiait « Comme je ne peux pas tenir les foilers, pas mal de gens me conseillent un coup de poker ! Mais non, je vais faire la meilleure route possible et si je finis 5ème en ayant bien navigué, je ne regretterai rien. Si le scenario météo fait que je fais mieux, je prends. Je ne me dis pas dans ma tête que je vais gagner. Mais j’y pense bien-sûr… »

Si depuis lundi matin, la Route du Rhum-Destination Guadeloupe a rappelé coup sur coup qu’une course n’est jamais finie, on doit le deuxième enseignement à Paul Meilhat : Il faut toujours croire en sa chance !
A 36 ans, le skipper empoche sa première grande victoire en solitaire sur une transat et offre à son SMA « qu’il adore » un second titre consécutif. Une chose est sûre, on n’a pas fini d’entendre parler de Paul Meilhat…

*(ex-MACIF vainqueur du Vendée Globe 2012 et de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2014 aux mains de François Gabart).

Crédit Photo : A.Courcoux
Tags sur NauticNews : Route du Rhum, Paul Meilhat
– CP –

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