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Transat AG2R: Par ici la sortie ?

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24/04/2008 –

La flotte de la 9ème Transat AG2R progresse toujours dans des vents erratiques et capricieux. La pétole a encore fait des siennes cette nuit, mettant les nerfs des équipages à dure épreuve. Les monotypes dispersés en latitude au large du Portugal cherchent du vent tous azimuts. Ne pas perdre le Nord ou gagner le Sud ? Le choix est cornélien et deux routes se distinguent dans les méandres de cette bulle anticyclonique. Cette situation aléatoire favorise les bouleversements. Au petit matin Gédimat (Tripon-Vittet) s’est propulsé en 2ème position, à 14 milles derrière l’imperturbable Financo (Troussel-Pratt), solide leader. Le long des côtes du Portugal, un autre groupe cherche une issue. Mais, c’est où la sortie ?

24 heures que cela dure.
Les vitesses des Figaro Bénéteau oscillent au gré de la pression du vent du moment : de 2-3 nœuds, elles peuvent grimper jusqu’à 4 nœuds dans les pointes, avant de rechuter. La progression au large des côtes du Portugal reste laborieuse. Les chiffres sont là et parlent d’eux-mêmes. Le duo Troussel-Pratt a parcouru hier 36 milles nautiques en 12 heures. Voilà qui donne une bonne idée de la moyenne du leader de la flotte ! Ce matin, et après 24 heures de labeur, il affiche une progression de 80 milles nautiques. Dur, dur…

Pétole, pétole, pétole
Cette nuit encore, Eole est resté dans les bras de Morphée, laissant les équipages se débattre avec de trop rares risées. Un contexte néanmoins favorable et plus confortable pour recharger les batteries. N’empêche ne chassons pas trop le naturel régatier des marins embarqués, il pourrait revenir au galop ! La course a changé de rythme mais certainement pas d’intensité. La route jusqu’aux alizés reste semée de pièges et d’embûches. Le risque de voir un Figaro s’échapper existe. Le suspense persiste. Où et quand le vent va-t-il se réveiller ?

Jean Maurel, à bord du bateau Organisation, plante le décor de cette nuit étoilée : « Pétole, pétole, pétole ! Au niveau des conditions, il n’y a rien à dire : les bateaux sont scotchés, il n’y a vraiment pas de vent. On pensait qu’un vent de Nord-Est arriverait hier, mais nous n’avons toujours rien. Pour moi au début de cette course, il y a deux entonnoirs inversés : le premier au départ de Concarneau, puis il y en aura un second à l’approche de Madère. Là, il devrait y avoir un resserrement et l’on devrait y voir plus clair… »

Guerre du vent
Ce matin, les marins ne sont pas bavards. La guerre du vent est déclarée. Pour preuve, les quelques mots accordés par Jean Le Cam. À bord de Cercle Vert et en compagnie de Gildas Morvan, il est parti à la chasse aux alizés sur la route du Sud : « Ca va, ça ne se passe pas mal ! Nous sommes à côté de Banque Populaire, et SNEF Cliptol Sport doit être dans le coin sans doute. On n’a pas de vent, la nuit a été super calme. Nous nous dirigeons vers le Sud. On verra de quoi demain sera fait. On devrait toucher du vent à nouveau. On verra, une dorsale anticyclonique n’est pas une science exacte. Gedimat ? Oui, il est plus Nord-Ouest, on verra pour eux. Mais, nous sommes très contenst d’être là où on est ! » Nous n’en saurons pas plus.

A l’aube, Cercle Vert est 7ème à 23 milles du leader. Comme la plupart des partisans d’une route le long des côtes portugaises, il accuse du retard. Pour combien de temps encore ? Cette nuit, les écarts se sont creusés. Mais, aux yeux de Jean Maurel, rien n’est encore joué : « Gedimat est remonté dans le classement cette nuit, ils ont bien marché dans l’Ouest, mais en même temps je n’étais pas inquiet pour eux. C’est typique lorsque l’on part seul de son côté : ça passe ou ça casse. Mais bon, pour moi rien n’est encore significatif… »

Gagner le Sud, ou ne pas perdre le Nord, telle est encore la question…

Photo: © B.STICHELBAUT/FINANCO

– CP –

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