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A bord d’un Class America avec ALL4ONE

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11/2009 –

NauticNews.com a eu le privilège de participer à un entrainement d’ALL4ONE en vue du Louis Vuitton Trophy – Nice Côte d’Azur. Cette session s’est déroulée à bord d’ITA-90, l’un des 2 voiliers de la dernière Coupe de l’America du défi italien Mascalzone Latino. Sous un grand ciel bleu et avec une dizaine de nœuds de vent, nous avons bénéficié de conditions parfaites pour une navigation très studieuse. Sitôt à bord, chacun a pris sa place, et le génois, affalé pour le transfert d’équipage, a été hissé. Nous avons alors pris de la vitesse, un peu plus de 10 nœuds, et les bords de près, puis de largues se sont enchainés dans le silence et la concentration. Les 17 membres d’équipage n’avaient navigué qu’une seule fois sur ce bateau. Il leur a fallu alors rapidement intégrer les différences avec le leur, notamment au niveau des systèmes mécaniques. Ainsi, sur les voiliers italiens, la drisse de spi n’est pas sur le même bord que le hale bas et la sous-barbe de tangon. Cet entrainement a permis à Albert Jacobsoone et Gilles Favennec, chargés du Piano, d’essayer de s’adapter à cette organisation particulière.

Maîtriser un Class America.

Après quelques bords de réglage, ITA-90, construit en 2005 selon la jauge de la 32ème Coupe de l’America, a pu faire parler son impressionnante puissance. A la moindre risée, le voilier tout en carbone de 24,5 mètres de long, pour 3,3 de large, avec un mât de 32 mètres, accélère en gîtant énormément. Sébastien Col, le vice-champion du monde de Match Racing [voir notre article], le barre avec légèreté alors que l’équipage s’active autour des winchs. Sur ces voiliers, tout est démesuré, comme la tension des bastaques qui varie entre 8 à 12 tonnes. Les wincheurs se dépensent énergiquement pour border rapidement le surpuissant génois et la grande GV. Cette dernière mesure 214 m² tandis que le spi dépasse les 500 m². Ainsi, à chaque changement d’allure, le voilier marque un léger ralentissement avant de violemment repartir vers l’avant. Chaque passage de bouée s’avère délicat. La fourmilière du cockpit s’affaire. Les voiles se hissent, s’affalent, se bordent en respectant un timing précis. L’assiette change. Et le voilier reprend, au milieu des craquements bruyants du carbone qui se tord, sa course effrénée vers une autre bouée.

Puissance et précision.

Pour bien gérer ces enchainements, en maîtrisant au mieux les imposantes pressions, dans les voiles ou sur la coque, des heures d’entrainements sont nécessaires. Il faut faire, et refaire, chaque manœuvre. Il faut solutionner rapidement des problèmes qui surviennent lors de chaque navigation. Et coûte que coûte, l’équipage doit faire marcher le bateau. Lors d’une pause, nous avons pu regarder Team Origin qui régatait contre Team New-Zealand. De loin, les 2 Class America avaient l’air d’avancer en toute fluidité. Avaient l’air seulement car de près le spectacle est tout autre. Nous avons pu effectuer quelques virements à leur contact. La même activité régnait à bord. Quelque soit l’équipage, ces bateaux nécessitent beaucoup d’énergie. «Ces voiliers ne sont vraiment pas faciles à faire marcher», m’a résumé Jochen Schümann, le directeur sportif d’ALL4ONE. Le double vainqueur de la Coupe de l’America et triple champion olympique, m’a demandé mes impressions après ce baptême en Class America. Mon grand sourire ému a été de loin ma meilleure réponse. D’autant que cette journée magnifique s’est achevée par quelques bords serrés contre ITA-99 mené par French Spirit, l’autre équipe française.

Nouvelle équipe pour nouvelle histoire.

A bord du Class America, le navigateur Philippe Mourniac [voir notre article] a été mon guide bienveillant. Il a gentiment pris le temps de me décrire avec précision les enjeux de l’entrainement du jour. «Sur ces bateaux, rien n’est à échelle humaine. Tout seul, on ne peut rien faire. On doit donc maîtriser les systèmes des différents voiliers, multiplier les manœuvres et développer notre unité», m’a-t-il expliqué. ALL4ONE est en effet en recherche de cohésion depuis sa création en octobre dernier seulement. Pour se donner les moyens de réussir, son manager Stéphane Kandler, avec l’aide de Jochen Schüman, a recruté de nombreux marins de renom. Ainsi ont rejoint les membres de l’ancien défi K-Challenge, Jordi Calafat, Yann Gouniot, Christian Scherrer et Peter van Niekerk, également détenteurs de l’America’s Cup. Ce haut niveau de compétence, associé à la bonne entente qui règne à bord, seront incontestablement des gages de réussite pour l’équipe franco-allemande. Le premier défi pour cet équipage accueillant et extrêmement perfectionniste est le Louis Vuitton Trophy de Nice qui débute ce week-end. ALL4ONE pourra se jauger face à des adversaires bien rôdés, comme les Néo-Zélandais ou les Suédois qui brillent sur le circuit TP52.

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Plus d’informations : Site d’ALL4ONE Site du Louis Vuitton Trophy.

Crédit Photo : Franck Socha.

-NG-

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