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Volvo Ocean Race: Le Horn est passé pour Groupama

À 12h55 UTC, Groupama vient de passer le Cap Horn en tête. Sur ses traces, PUMA à 13h52. En théorie, ce passage n’apporte pas de point et la ligne d’arrivée brésilienne est encore distante de 1900 milles. En réalité, le soulagement est énorme pour les Français, qui ont traversé le Grand Sud avec brio.

Le Cap Horn. 55°59.100S, 67°15.399O, un « rocher » mythique, et surtout, la fin de 10 jours de galère dans la dépression australe.

« Je suis déjà passé là en multicoque sur Groupama 3, pour le Jules Verne, » se rappelle le skipper Franck Cammas. « Ça a été plus rude cette fois-ci. On est contents d’en sortir indemnes. »

Sortir indemnes du Pacifique. Sortir indemnes de 12 jours de course, dont 10 de gros temps. De 35, 40, 45 nœuds de vent moyen, de bourrasques qui ont atteint 60 nœuds par moments. De vagues très creuses et des surfs déments.

Preuve de la difficulté de cette cinquième étape, les concurrents des Français ont souffert. Team Sanya est rentré en Nouvelle-Zélande, CAMPER se déroute vers le Chili et Telefónica prévoit un pit-stop à Ushuaia. Abu Dhabi Ocean Racing vient de réparer une délamination de sa coque.

Restent les Américains de PUMA Ocean Racing, sur les talons de Groupama sailing team. À 13h52 UTC, ils l’enroulent à leur tour.

« C’est un moment très émouvant pour nous tous, » commente Ken Read, leur skipper. « On est tous sortis de nos bannettes. On va tout monter sur le pont pour une petite célébration. »

Les Américains, deuxièmes, et les Français, en première position au Horn !

« Même au plus fort des conditions extrêmes que nous avons connues ces derniers jours, » continue Cammas, « nous n’avons pas expérimenté la peur. Le stress oui, surtout la nuit, pour le barreur qui ne voyait pas les vagues. »

Alors le Cap Horn est une délivrance. Pour certains, à bord, c’est aussi une première expérience. Heureux, fier ?

« Oui, évidemment, c’est un cap mythique, » répond le barreur et régleur Charles Caudrelier.

Et d’ajouter avec son flegme habituel : « Maintenant, si je ne l’avais jamais passé dans ma carrière de marin, ça n’aurait pas été un traumatisme non plus. Je suis content de le faire, mais je n’ai pas non plus envie de revenir tous les ans le passer ! »

Mais cette étape est loin d’être terminée et son vainqueur encore incertain. Il reste quasiment 2000 milles avant le port brésilien d’Itajaí et en rejoignant l’Atlantique, les concurrents n’échappent pas pour autant aux pièges météo.

Jean-Luc Nélias, le navigateur français, parle de « casino » entre zones tropicales et tempérées, de la Terre de Feu au Brésil. À commencer par le détroit du Maire, à l’ouest de l’île des États et juste après le Horn. Bâbord ou tribord ?

Nélias : « Il faudra être opportuniste, il faudra un peu de réussite pour conclure. »

Crédit Photo: Yann Riou/Groupama Sailing Team/Volvo Ocean Race

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– CP –

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