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Thomas Coville par 35° à l’ombre…

Depuis le passage de l’équateur vendredi aux aurores, Thomas Coville poursuit son tour du monde dans les petits airs. Actuellement au large de Recife au Brésil, sous grand voile haute et génois, le skipper du Sodebo est bel et bien sorti du Pot-au-Noir mais compose avec un vent décidément bien capricieux ! Après des heures et des jours sous hautes-tension, l’objectif est aujourd’hui de faire route au Sud pour toucher du vent dans l’Ouest de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Faut-il rappeler que l’anticyclone de Sainte-Hélène tourne d’Est en Ouest contrairement à l’anticyclone des Açores situé dans l’hémisphère Nord qui tourne d’Ouest en Est. Avec des moyennes de 10 à 15 nœuds sur les 24 dernières heures, Thomas profite d’un contexte météo particulièrement clément pour se ressourcer avant d’aborder des conditions de navigation qui vont inexorablement se durcir à l’approche du Grand Sud.

Dans les grains brésiliens…
Au près depuis le passage de l’équateur, le skipper de Sodebo a joué toute la nuit avec la formation de masses nuageuses. Sa trace ce midi, témoigne bien de l’instabilité d’un vent erratique. «  L’ anticyclone de Sainte-Hélène est très étendu d’Ouest en Est et génère peu de vent. Avec la chaleur, cela favorise la création de nuages et de grains.  Depuis 2h du matin, Thomas est sous l’emprise d’un énorme nuage (photo ci-dessus) et la difficulté aujourd’hui sera de trouver un chemin dans ce gruyère. En temps normal, la situation plus Nord de l’anticyclone, empêche la création de ces masses nuageuses et surtout la vitesse de déplacement de ces dernières est beaucoup plus rapide.  Aujourd’hui, tous ces phénomènes sont très lents, c’est un cercle vicieux ! Le nuage est lent donc Thomas met plus de temps à le traverser, » raconte Thierry Briend.  A faible allure, Thomas subit le déplacement de chacun de ces nuages. Un mal pour un bien puisque dans ces conditions maniables, le skipper se refait une santé !

Sous la chaleur des tropiques…
La tension de la conduite de son bolide à haute vitesse évacuée, le trinitain n’a d’autres choix que de mettre le cap au Sud pour récupérer du vent plus fort et plus stable. Peu de manœuvres et pas de changement de voiles ni d’amure depuis près de 24 heures ! Si l’ambiance à bord de Sodebo est résolument plus calme, l’atmosphère est pesante avec pas moins de 35 degrés enregistrés hier dans la cellule de vie du marin et plus de 40 degrés sous la casquette qui protège le cockpit où Thomas mouline et règle son bateau.

Le plein d’énergie !
Lors de la vacation en vidéo hier, Thomas raconte qu’il gère de mieux en mieux son alimentation. Une évolution importante pour le skipper qui, dans sa quête de performance a travaillé de longs mois sur l’élaboration de ses menus quotidiens avec le laboratoire de Recherche & Développement de Sodebo et avec Martine Moussard,  une nutritionniste qui a commencé par lui demander ce qu’il aimait pour qu’il ait envie de manger.  Si les voiles sont les moteurs du bateau, l’alimentation est en effet le carburant du marin ! Selon la température ambiante, le sportif a naturellement plus ou moins besoin de calories.  Au menu d’aujourd’hui samedi 25 janvier, Poule au pot, Risotto de poisson et Purée au bœuf soit entre 3500 à 4000 calories pour le marin qui navigue sur un maxi multicoque en solo par 6° Sud et une température de plus de 30°C au large du Brésil. Et si le garçon n’est pas un inconditionnel du fameux « petit noir » local, il avoue qu’un peu de caféine de temps en temps à la vertu de le rebooster instantanément ! « Thomas boit entre 2 et 3 litres par jour et parfois plus selon l’effort fourni.  Il faut savoir que la sensation de soif est le premier signe de déshydratation. Le vélo ou le footing que Thomas pratique à terre est une bonne école pour connaître et anticiper le coup de barre lié à la déshydratation. Il est vraiment sensibilisé à ce sujet, » explique Martine Moussard.

Et le sommeil alors ?
Eprouvé – mais qui ne le serait pas – après ce début de parcours physique et engagé, le marin est d’ailleurs peu bavard sur ses temps de récupération. Hier, Thomas affichait néanmoins un visage détendu. Pour la première fois depuis une semaine, il avait effectivement réussi à dormir 4 heures de suite. Dans sa « pièce à vivre » de 4m2, la chaleur étouffante le pousse à installer son « pouf » sur le filet sous le vent de sa grand voile, un des seuls endroits où il peut se protéger du soleil et trouver un peu d’air frais. Son déficit de sommeil comblé – toute proportion gardée, quand on sait que les navigateurs en solitaire dorment en général par portion de 10 ou 15 minutes – Thomas profite de ces conditions et de ces heures précieuses  pour recharger ses batteries et ranger son bateau quelques jours avant d’attaquer le grand sud.

Qui dit rangement dit aussi check up ! Le skipper du maxi-trimaran vient d’effectuer un tour complet du bateau après cette première semaine de mer pendant laquelle il n’a eu de cesse de pousser au maximum son engin à trois coques. Pas besoin de sortir la caisse à outils, le trimaran de 31 mètres est toujours à 100% de son potentiel avant d’attaquer le Grand Sud !

D’ici là, l’incertitude est bien la seule certitude de la « cellule routage » sur la route de Bonne Espérance ! Sur le papier, les derniers routages entrevoient quelques ouvertures mais dans la réalité sa réalisation pourrait être bien plus complexe ! A suivre…

Crédit Photo : Vincent Curutchet / DARK FRAME / SODEBO

Tags sur NauticNews: Thomas Coville, Sodebo

– CP –

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