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Transat Jacques Vabre 2017 : Haute tension

Tout est prêt à Salvador de Bahia pour accueillir les deux premiers Ultimes demain. Partis du Havre il y a seulement une semaine, Sodebo Ultim et Maxi Edmond de Rothschild longent déjà les côtes brésiliennes dans un match race qui peut encore révéler des surprises. Derrière, le dossier du jour est le Pot au noir. Les premiers Multi50 le traversent cet après-midi et les Imoca affinent leur trajectoire pour l’aborder demain. Ecarts réduits, fatigue, potentiels de vitesse variés à ces allures très techniques, tout est réuni pour créer du jeu et des surprises.

Ultimes : La nuit du chasseur
En progressant à 2 nœuds plus vite que le Maxi Edmond de Rothschild toute la matinée, Sodebo Ultim’ a conforté son avance. 42 milles d’écart à 450 milles du but, la victoire n’a jamais été aussi proche et crédible pour Thomas Coville et Jean-Luc Nélias. « Depuis leur petit bord de recalage au Sud des Açores, ils ont roulé leur gennaker, mais quel problème ont-ils vraiment à bord, on ne sait pas. On voit juste qu’on les tient en vitesse… » confiait Jean-Luc Nélias ce matin. Clairement, Sébastien Josse et Thomas Rouxel sont en mode archimédien. Cela fait plusieurs jours déjà que leur Maxi n’arrive plus à créer de delta de vitesse en s’élevant au dessus de l’eau. La fin de course cette nuit et demain matin le long des côtes brésiliennes peut encore révéler des surprises. On sait que le vent y est plus faible, des conditions où Sodebo Ultim n’est pas à l’aise. Il ne manque pas de pêcheurs ni de filets sur la route et Richard Silvani de Météo France annonce des grains orageux générés par une dépression naissante sur l’Uruguay… « Contrôler, ça marche si tu as le même bateau, la même vitesse. Là, on ne sait pas ce qu’ils font et ils ont notre position toutes les heures avec la carto. Donc tout est possible ! » analysait Jean-Luc Nélias.

Les fichiers à bord de Sodebo Ultim annoncent une arrivée dans la Baie de tous les Saints dans la matinée de demain.

Multi50 : Mettre au pot
Ca commence à tamponner pour Erwan Leroux et Vincent Riou dont le FenêtréA – Mix Buffet fait son entrée dans le Pot au noir. L’écart de 100 milles avec Arkema pourrait se resserrer une partie de la journée avant que Lalou Roucayrol et Alex Pella soient ralentis à leur tour. Positionnés sur un même axe, les deux leaders devraient sortir au même endroit, avec donc le même angle pour rallier Bahia à partir de cette nuit. Il restera 1300 milles d’une course de vitesse pure dans des conditions assez loffées où Arkema a déjà montré son potentiel. Tout reste possible.

Imoca et Class40 : A l’Ouest, toujours à l’ouest
St Michel-Virbac continue d’ouvrir la voie et ses dauphins se sont tous recalés dans son axe, certains au prix de plusieurs empannages qui ont augmenté les écarts au classement. La trace du tandem Dick-Eliès est un modèle du genre, mais dans des conditions où chacun cherche à descendre au mieux vers l’ouest, on note ce matin un petit déficit de vitesse du leader, notamment sur SMA. « Ils sont à 60-70 milles devant, ça commence à être une belle avance, mais ce n’est pas rédhibitoire. Nous entrons dans des conditions qui nous donnent un avantage, car le bateau est polyvalent et avec les dérives dans le petit temps nous sommes efficaces. On y croit » disait Gwénolé Gahinet ce matin.

Assez ouvert actuellement, le Pot au noir devrait s’épaissir dans les jours prochains et il n’est pas certains que ce soit aussi simple pour le second groupe emmené par Bureau Vallée.

Les Class40 voient l’alizé faiblir et adonner aujourd’hui à cause d’une petite dépression au sud des Açores. Imerys Clean Energy maintient son avance et ces conditions plus douces avec une recherche maximale de VMG conviennent parfaitement à son plan Manuard de 2015. La tête de flotte devra empanner plusieurs fois pour se décaler du Cap Vert en approche demain.

Arrêts au stand :

Esprit Scout :Marc Dubos et Jacques Arnaud Seyrig se sont déroutés à petite vitesse sur les Canaries. Ils ont constaté que le bordé de leur Class40 était délaminé de la flottaison jusqu’au pont. Ils sont distants de 130 milles de Tenerife qu’ils pourraient atteindre en fin de nuit.

Ciela Village est arrivé à 14 h 45 heure française à Mindelo. Sur l’île de Sao Vicente où une petite marina est aménagée, une équipe technique a été mobilisée pour résoudre les problèmes de pilote qui obligent Thierry Bouchard et Oliver Krauss à se relayer à la barre depuis le second jour de course.

Ils ont dit
Bernard Stamm, co-skipper de Prince de Bretagne (Ultime)

« Ça va. Nous approchons du Pot au noir. Nous avons cramé la génératrice, on ne peut pas charger de cartes satellites du Pot au noir. Nous passons beaucoup de temps à la barre. Nous avons un angle qui est pas mal, nous naviguons sans trop de problème. Notre seule source d’énergie est l’éolienne. Nous allons entrer dans le Pot au noir en fin d’après-midi pour l’instant c’est assez clément par contre le Pot au noir, pour la nuit ce n’est pas terrible »

Gwénolé Gahinet, co-skipper de SMA (Imoca)

« Ça va, on est sous spi on a passé toute la nuit sous spi dans des conditions assez maniable avec 15 nœuds de vent à peu près et une mer assez calme. On essaye de faire de la descente sous spi dans une situation particulière avec cette dépression à contourner du coup, on va devoir faire des empannages et de petits contre-bords pour aller dans l’ouest. On doit bien mettre à jour notre stratégie la trajectoire va être importante dans les jours qui viennent. »

Jean-Luc Nélias, co-skipper de Sodebo Ultim’

« Çà va, le soleil nous réchauffe les os et Thomas est dans la bannette et on s’approche doucement du Brésil. Je n’en dirai pas trop. Ca s’annonce très technique on va garder nos intentions pour nous. A l’heure de la communication et du numérique, on se tait. On va arriver au portant avec du vent soutenu jusqu’à Salvador de Bahia et à la fin, il n’y aura pas de vent et ce sera pétole le matin, avec sans doute une arrivée au près. On est bien reposé, la pression forcément il y en aura mais on connaît ces situations. Cela fait quelques jours que nous sommes en tête. Ils allaient plus vite que nous dans la Manche. On a l’impression qu’ils ont roulé leur gennaker au large des Canaries qu’ils ont lofé pendant quelques heures et depuis ils n’ont pas la vitesse qu’on attendait. Mais même avec leur souci technique ils vont à la même vitesse que nous. Le contrôle c’est tout le problème. Si tu vas à la même vitesse, avec un même bateau d’une même classe, là tu fais du contrôle. Là on ne sait pas… est-ce qu’on fait du contrôle ou est-ce qu’il va aller plus vite? Est-ce qu’on privilégie la meilleure trajectoire? Comme il te suit et qu’il a ta position toutes les heures, cela laisse peu d’opportunité et tout peut arriver ».

Crédit Photo : Sodebo Ultim

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