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VG2020 : Giancarlo Pedote – savoir doser

A mi-chemin entre les longitudes de Madagascar et des îles Kerguelen ce lundi, Giancarlo Pedote poursuit sa route sur un Indien chaotique, fidèle donc à sa réputation. Préserver la machine reste le mot d’ordre du skipper de Prysmian Group qui a subi des vents supérieurs à 40 nœuds, ce matin, au passage d’un front, mais surtout qui compose une mer casse-bateau qui l’oblige à lever un peu le pied sur la route du cap Leeuwin. S’il s’avoue un peu « conservateur » dans sa manière de naviguer dans ces conditions difficiles, le marin italien gère ainsi parfaitement le matériel et le bonhomme, mais il se prépare néanmoins à attaquer lorsque la situation y sera plus propice.

« Ce matin, un front nous est passé sur la tête. J’ai relevé plus de 40 nœuds. J’ai vraiment serré les fesses car la mer est toujours très courte et croisée. Plusieurs fois le bateau est parti en surf et a planté dans la vague de devant ou, à l’inverse, à plusieurs reprises, il s’est fait rattraper par celle de derrière », a commenté Giancarlo Pedote à la mi-journée, après avoir retrouvé des conditions de vent plus maniables. « Devant nous, il y a un flux de nord-ouest mais pour l’heure, on compose encore avec du vent de secteur sud-ouest, sur le dos de la dépression. L’avantage, c’est que cela nous permet de faire un cap au 90°, c’est-à-dire plein Est », a souligné le skipper italien, pointé en 10e position au classement, qui carbure toujours à plus de 15 nœuds de vitesse moyenne.

Réussir à apprivoiser les mers du Sud

« J’ai fait le choix de rester un peu plus au nord par rapport à mes concurrents directs pour préserver le matériel. Je ne cache pas le fait que je navigue de manière assez conservatrice actuellement car, mine de rien, dans l’Indien, le bateau est pas mal sollicité . A mon sens, c’est bien de limiter les chocs et les plantés. Lorsque les conditions de mer seront plus maniables, je sortirai mes armes pour revenir mais en ce moment, la piste est complètement cabossée et ce n’est pas le moment de faire le malin », a souligné le skipper du 60 pieds IMOCA aux couleurs de Prysmian Group et d’Electriciens sans frontières, relativement impressionné par ce fameux océan Indien, redoutable et redouté. « Je suis en train de découvrir énormément de choses. Je n’avais encore jamais navigué dans les mers du Sud et les gens qui m’en avaient parlé l’avaient fait de manière fugace. Sans doute parce que c’est indescriptible », a ajouté Giancarlo, troublé par la taille des vagues.

Savoir faire preuve de patience

« Elles sont très hautes et leur période est assez courte. Quand tu vas à l’avant du bateau, ça fait un peu peur mais c’est aussi lié au fait que l’air est froid, que le ciel est gris… On se sent, à juste titre, dans un endroit inexploré. On l’apprivoise petit à petit, un peu comme lorsque l’on traverse le golfe de Gascogne pour la première fois. Plus le temps passe et mieux l’on sait comment toiler le bateau, gérer les surfs… Je reste patient et calme, bien conscient que la course est longue et que pour la terminer, il faut encaisser le moins de dégâts possibles », a terminé Giancarlo Pedote qui parvient, pour l’heure, à placer les curseurs aux bons endroits et qui se prend à imaginer de plus en plus précisément un nouveau bateau, fort de l’expérience incroyable qu’il est en train d’engranger. 

Crédit Photo : Martina Orsini

Tags sur NauticNews : Vendée GlobeVG2020, Giancarlo Pedote

– CP –

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