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TJV : Mystère et bulle de gomme !

Entre les partisans du sud et de l’ouest, qui va l’emporter ? Le suspense reste entier. Emmenés par le Multi50 Solidaires En Peloton – ARSEP, les Sudistes, actuellement le long du Portugal, partent à la rencontre d’une dorsale, c’est-à-dire une zone où le vent est très faible. Sérieux coup de frein ou léger ralentissement ? Ce sera la surprise du chef. Du côté des cow-boys de l’ouest, on s’attend à se faire secouer dans la dépression mais à filer bon train vers le sud dès vendredi. En mer, ce mercredi, la concentration et la récupération sont les mots d’ordre. Les 54 équipages (4 abandons en Class40 et un Imoca MACSF en stand-by) s’observent attentivement. Au classement de 16h, Aïna Enfance & Avenir (Class40), PRB (Imoca) et Solidaires En Peloton – ARSEP ouvrent la longue route vers le Brésil…

Class40 : A cheval sur les bascules
Les conditions de navigations sont techniques dans le golfe de Gascogne pour les 23 équipages encore en course. Le vent pour 12-15 nœuds varie en force et en direction, la mer est hachée, les étraves tapent… Heureusement que le soleil fait de temps à autre une apparition histoire de sécher un peu les skippers et leurs bateaux. « La mer n’est pas propice à faire la vitesse, c’est un peu casse-bateau. On reste groupé parce qu’on n’a pas le choix des bords, on suit les bascules du vent. On fait du sud quand on peut en faire, sinon on fait de l’ouest dans les bascules pour garder la vitesse » expliquait parfaitement Fabien Delahaye (Leyton) à la vacation ce midi, actuellement à 5 milles du binôme de tête Chappellier/Leboucher sur Aïna Enfance & Avenir. Décalé dans l’Est à titiller les plus vieux Imoca de la flotte, Made in Midi en troisième position depuis ce matin fait un superbe début de course sur un Class40 qu’il a loué en dernière minute à Jean Galfione, son bateau ayant démâté : « On a aucun problème sur le bateau, on a été assez prudent la première journée car le bateau on ne le connait pas finalement. On est satisfait et surpris d’être si bien classé ! Mais on ne se fait pas d’illusions. Le bateau n’est pas très performant au portant ». Pour tous, ce sera du près jusqu’à Madère avant les grandes glissades dans les alizés. Des conditions exigeantes qui n’empêchent pas d’incroyables matches sur les 160 milles du premier au dernier Class40 Terre Exotique.

Multi50 : Ça freine au cap Saint-Vincent !
En tête depuis le départ dimanche dernier, le tandem Vauchel-Camus/Duthil commence à ralentir alors qu’il double le cap Saint-Vincent. Sur Groupe GCA – Mille et un sourires et Primonial, on se lèchent les babines à l’idée de réduire la distance. 10 milles ont déjà été rattrapés depuis ce matin. Toujours ça de pris ! Dans cette dorsale bien installée sur Madère jusqu’à Gibraltar, les Multi50 vont-ils être arrêtés, peut-on imaginer un nouveau départ ? Ces machines accélèrent aussi vite qu’elles s’arrêtent, tout va dépendre de ce qu’il y a réellement dans cette bulle de petits airs. Autant dire que sur le bateau bleu, les deux skippers se sont reposés pour attaquer et profiter du moindre souffle d’air.

Imoca : Apivia/PRB : la bataille de deux générations
PRB tient tête aux Imoca volants de toute dernière génération dans cette descente au près le long des côtes portugaises. Kevin Escoffier et Nicolas Lunven résistent face aux accrocheurs Charlie Dalin et Yann Eliès, mais savent bien que dès qu’ils attraperont les alizés, les choses vont peut-être se corser. A dix milles de la tête de flotte, Charal joue des cornes avec Initiatives Cœur et Banque Populaire : les trois équipages se tiennent en 1,5 mille. Gros match également en approche de Lisbonne entre Corum L’Epargne, Arkea-Paprec et Groupe Apicil. Ca promet pour la suite, la dorsale pourrait bien être le juge de paix pour les sudistes. A l’ouest, on tente sa chance et le jeu en vaut bien la chandelle : « La prévision d’ensemble et les différents modèles nous ont fait estimer qu’il y avait un gain possible dans l’ouest. Malizia est un bateau très fiable qui nous donne toute confiance. L’état de la mer n’était pas une variable dans notre choix. » confiait Boris Hermann ce midi. D’après lui, les routages disent qu’ils arriveraient avant les sudistes. « En théorie ! » précise le skipper de Malizia II – Yacht Club de Monaco. Un seul cavalier solitaire dans sa route : Advens for Cybersecurity qui pointe maintenant son étrave vers l’ouest alors qu’il navigue à la latitude du cap Finisterre. Thomas Ruyant et Antoine Koch, remontés comme des pendules après leur stop de 4 heures à Cherbourg, et après une belle remontée d’une partie de la flotte des Imoca, vont sans doute tenter leur chance, plutôt que de suivre de loin la troupe des sudistes…

Ils ont dit
Kito de Pavant, skipper de Made In Midi (Class40)
« On est content de notre trajectoire, on ne s’attendait pas être là avec notre bateau qu’on a récupéré sur le tard. En dessous de Gibraltar, il va se passer des choses, c’est difficile de prévoir. C’est compliqué, on continue au sud. C’est un peu humide depuis le début. Les conditions ont bien molli ce matin, on recharge nos batteries, l’avenir ne sera pas rose. On a aucun problème sur le bateau, on a été assez prudent la première journée car le bateau on ne le connait pas finalement. On est satisfait et surpris d’être si bien classé ! Mais on ne se fait pas d’illusions. Le bateau n’est pas très performant au portant. Pour nous en ce moment c’est des conditions favorables. On va faire du près jusqu’à Madère. »

Davy Beaudart, co-skipper Bureau Vallée II (Imoca)
« Ça va très bien, on fait du près depuis quelque temps maintenant, on a même un peu de soleil. C’était une idée depuis le départ de partir à l’ouest, maintenant on verra si ça va payer. On a vu que la flotte était bien séparée, les ¾ sont partis au sud, on verra d’ici quelques jours si notre option est payante. C’est plus calme aujourd’hui, on fait sécher le bateau, on a une quinzaine de nœuds au près, on se repose bien. Parce que la nuit prochaine sera plus raide. En fin de nuit, on va mettre le cap au Sud, on aura plus de vent en fin de journée déjà, mais rien de bien méchant, après ce sera un grand bord, car cela va adonner au fur et à mesure. On a croisé cette nuit Maître CoQ, il a croisé 2 milles devant nous. Face à des bateaux neuf de toutes façons ça aurait été plus compliqué de suivre, on a tenté notre chance ! »

Valentin Gautier, co-skipper Banque du Léman (Class40)
« Ça se passe pas trop mal, on est au près, on a eu une bascule dans le bon sens cette nuit, c’est sûr que hier on s’est mis au portant deux-trois fois dans la journée pour réparer, on a perdu des places. On savait qu’on allait regretter le génois endraillé, c’est un bateau neuf, donc on apprend. Dans la pratique, ce n’est pas agréable mais c’est plus performant. On est assez contents, même si nous n’avons pas encore eu les conditions pour exploiter complètement le bateau. La première nuit, on allait vite sous spi, dès que la mer est dure, c’est compliqué. On a trouvé un bon rythme, mais le rythme général est dingue. Ce sont de gros furieux, on savait qu’en Class40, c’était comme ça, qu’est-ce qu’à ça allume ! »

Jean Le Cam, co-skipper Corum L’Epargne (Imoca)
« Nous avons fait une nuit assez bénéfique, on a mangé des œufs avec du bacon ce matin, donc tout va bien, au final c’est bien ! Le ciel est nuageux et gris, il fait bon. La stratégie, c’est aller vite et au bon endroit comme d’habitude. Il va falloir contourner la bulle anticyclone pas l’est du mieux qu’on peut. C’est bien, on est un petit groupe dans ce coin, il y a une super bagarre, groupe Apicil est sous notre vent, Banque Populaire au vent. On tient bien le rythme. Papy fait de la résistance ! Le résultats des deux options ? Ca va se jouer au passage de l’anticyclone c’est sûr. Soit, il se décale dans l’ouest en plein de milieu de leur trajectoire, soit il se décale moins et il leur laisse la place. Nous on est content d’être là où on est. »

Fabien Delahaye, co-skipper Leyton (Class40)
« On est plutôt content pour le moment. On n’est pas loin d’Aïna Enfance & Avenir, on est côte à côte. On espère que ça va payer plus tard, on est resté dans l’ouest pour la descente de l’Atlantique, on a encore deux jours de près, et puis on ouvrira les voiles. Le retour du soleil ça fait du bien ! On est vraiment prudent sur les moments chauds, la mer n’est pas propice à faire la vitesse, c’est un peu casse bateau. On essaye de ne pas trop attaquer quand ça va vite face à la mer. C’est groupé parce qu’on n’a pas le choix des bords, on suit les bascules du vent. On fait du sud quand on peut en faire, sinon on fait de l’ouest dans les bascules. Après on pourra faire du plein sud. On aura du vent fort au portant après Madère. On regarde plutôt les Imoca de l’ouest, ça nous permet de vérifier si les fichiers sont raccords. »

Charles-Louis Mourruau, co-skipper Entraide Marine – ADOSM
« On a cassé notre chariot de grand-voile, on a fait un palan d’écoute un peu à l’ancienne. J’ai fait un système avec une pantoire sur trois points, ce qui permet de jouer un peu sur la GV, mais ça ne vaut pas un chariot ! On a fait un beau début de course, c’est dommage. On a un vieux bateau, on a navigué en régatier, on a fait un très beau début de course, on est obligé de bosser dur pour avancer à la même vitesse. Derrière on a tenu la cadence. On est dans le rythme, on a beaucoup navigué ensemble avec Estelle, ça se passe bien, On fait tout pour faire avancer le bateau, on ne se pose pas plus de questions que ça. »

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– CP –

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